Centre d'hébergement d'urgence dans le Bois de Boulogne : le tribunal administratif annule le permis de construire

Centre d'hébergement d'urgence dans le Bois de Boulogne : le tribunal administratif annule le permis de construire

Justice
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PARIS - La justice a décidé d'annuler le permis de construire du centre d'hébergement d'urgence implanté dans le bois de Boulogne, au cœur du très chic 16e arrondissement de Paris, qui accueille actuellement 200 personnes. Il bénéficiait, dès le début du projet en 2016, d'un permis précaire d'une durée de trois ans.

Il accueille actuellement 200 résidents. Le centre d'hébergement d'urgence "La promesse de l'aube", installé dans le très chic 16e arrondissement de Paris depuis novembre 2016, vient de voir son permis de construire annulé. Le tribunal administratif de Paris, saisi par des riverains, la coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne et l'association des amis et voisins du Ranelagh, a rendu son jugement ce vendredi 28 décembre. 


Le juge a relevé "quatre illégalités" sur ce projet, parmi lesquelles "l'absence de mise en oeuvre d'une procédure de déclassement qui s'imposait, le projet étant implanté sur une voie faisant partie du domaine public", "l'incompétence du préfet de Pair pour délivrer le permis", "l'absence de mention des dérogations aux règles de l'urbanisme" et enfin "l'irrégularité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France qui n'a pas pris en compte le fait que cette construction se trouvait dans le champ de visibilité des immeubles Walter, protégés au titre des monuments historiques".


Résultat : l'annulation pure et simple du permis de construire de ce centre d'hébergement d'urgence, qui avait lors de son inauguration suscité la "panique" dans le quartier - selon le terme choisi par les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. A l'époque, en 2016, ces préfabriqués avaient d'ailleurs été dégradés à plusieurs reprises dans la nuit. "Enfin, on reconnaît que ce centre a été ouvert d'une manière polémique", a réagi le maire du XVIe arrondissement, Claude Goasguen (LR), auprès de l'AFP. "Ça va obliger le préfet à faire appel et ça va nous permettre de négocier le départ" du centre, espère-t-il. 

"Les 208 personnes hébergées ne seront pas mises dehors"

Christophe Blanchard-Dignac, le président de la coordination pour la sauvegarde du Bois de Boulogne, précise quant à lui ne pas vouloir l'expulsion des occupants, mais simplement "qu'à l'issue du délai prévu de trois ans, les installations soient démontées et la route soit transformée en espace vert".


Pour l'instant, difficile de connaître la suite de l'histoire. Le tribunal a estimé que la régularisation du permis serait inutile. En effet, l'autorisation avait initialement été délivrée à titre précaire, pour une durée de trois ans seulement. En théorie, le permis de construire était donc de toute façon valable jusqu'en mars 2019. D'ailleurs, les préfabriqués avaient été pensés dans cette optique : ils sont entièrement démontables.


Contacté par nos soins, Eric Pliez, directeur général de l'association Aurore, responsable de la structure, estime en effet que, "dans les faits, le tribunal ne remet pas en question notre présence jusqu'en novembre 2019, comme convenu. Donc les 208 personnes hébergées - dont 69 enfants - ne seront pas mises dehors. Par ailleurs, nous comptons déposer un nouveau permis de construire très rapidement."

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