Chantage à la sextape de Valbuena : l’enquête validée par la cour d’appel, et maintenant ?

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JUSTICE - La cour d'appel de Paris a validé ce jeudi l'enquête dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena dans laquelle Karim Benzema et cinq autres personnes sont mises en examen. Retour sur la situation des différents protagonistes et focus sur la suite des événements.

Il n’y a désormais plus grand monde, quand joue l’équipe de France, pour penser à Karim Benzema et Mathieu Valbuena, leaders offensifs des Bleus de 2012 à 2015. Signe que le football tricolore, comme Didier Deschamps avant lui, a bien tourné la page. La justice, elle, poursuit son long et laborieux travail pour mener à son terme l’affaire dite de "la sextape de Mathieu Valbuena", qui a aspiré les deux joueurs loin de l’Euro 2016 en France et du triomphe mondial russe de cet été.

Dernier rebondissement en date : ce jeudi matin, la cour d’appel de Paris a décidé de ne pas suivre l’arrêt du 11 juillet 2017 de la Cour de cassation qui avait, après étude, accepté de recevoir la demande de nullité d’une partie de la procédure émise par quatre des six protagonistes mis en examen, Karim Benzema, Karim Zenati, Mustapha Zouaoui et Younes Houass. Ce qui ouvre la porte à un procès... Du moins, théoriquement.

Car dès que la décision a été rendue, l'avocat de Karim Benzema, Me Sylvain Cormier, a fait part de son souhait de se pourvoir de nouveau en cassation, toujours suivi des quatre autres mis en examen. Ce qui obligera tout ce petit monde à attendre encore de longs mois. "On a affaire à une cour d'appel qui a voulu faire de la résistance. Il était évident qu'il y avait des manipulations policières dans cette affaire et c'est dans ces conditions que toute la procédure a été viciée", a insisté le juriste.

On rembobine. L’affaire débute en 2014. Axel Angot détient une société de conciergerie pour footballeurs. Il est alors chargé par Mathieu Valbuena de transférer tous ses contacts d’un téléphone à un autre. C’est là qu’il découvre une vidéo des ébats du footballeur avec sa compagne et décide de la transférer sur un disque dur. Il en fait ensuite part à Mustapha Zouaoui, homme à tout faire de plusieurs joueurs de l’OM. Et en mai 2015, Djibril Cissé, averti par Zouaoui, contacte Valbuena. Sans suite. Intervient donc un nouveau larron, Younés Houass, qui assure à Valbuena détenir la fameuse vidéo.

Le volet judiciaire débute, lui, un mois plus tard, avec le dépôt de plainte de Valbuena, se disant victime d’une tentative de chantage. C’est là, en juin 2015, qu’entre en scène Yann Bessette, commissaire à la PJ de Versailles. Sous le pseudonyme Lukas, censé être le nom d'un proche de Valbuena, il échange à six reprises, par téléphone, avec Houass. Selon les avocats de la défense, le policier aurait alors lui-même incité Houass à commettre une infraction. C’est sur ce point précis qu’ils considèrent que "la procédure a été viciée".

Ce n’est pas anodin : "Aucune contrepartie financière, aucune menace, qui sont les éléments constitutifs de l'infraction de chantage, n'étaient évoqués avant l'intervention du policier", a souligné l’avocat d’Houass lors de l’audience d’octobre. Surtout, c’est suite à ces échanges téléphoniques que Karim Zenati, ami d’enfance de Karim Benzema, est sollicité par les maîtres-chanteurs présumés pour demander à l’attaquant du Real Madrid d’intervenir auprès de Valbuena, ce qu’il fera en octobre 2015, à Clairefontaine, sans se douter que son téléphone est sur écoute...

C’est ainsi que le nombre de mis en examen dans cette affaire est porté à six au total : Angot, Zouaoui, Cissé, Houass, Zenati et Benzema. Et il s’agit donc désormais, pour la Cour de cassation, de déterminer une bonne fois pour toutes la responsabilité du commissaire, accusé de "provocation à l'infraction". Pour l'avocat de Valbuena, Paul-Albert Iweins, "les policiers se sont comportés de façon parfaitement normale", car dans les affaires de chantage, "le plus souvent, c'est un policier qui se substitue" pour négocier. La défense de Benzema, elle, argue que, selon la théorie des "dominos", "si vous enlevez le début d'une enquête, si ses actes initiaux sont entachés d'irrégularités, eh bien l'ensemble doit tomber".

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Affaire de la sextape de Mathieu Valbuena

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