"Chasse aux Roms" : trois personnes jugées en comparution immédiate ce mercredi

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Rumeur d’enlèvements d'enfants par des Roms : les ravages d’une intox virale

JUSTICE - Trois majeurs et un mineur ont été déférés ce mercredi dans le cadre de l'enquête ouverte après l'affaire dite de la "chasse aux Roms". Les trois majeurs seront jugés ce mercredi en comparution immédiate. Vingt personnes avaient été placées en garde à vue en Seine-Saint-Denis après des violences visant des Roms, désignés par des rumeurs sur les réseaux sociaux comme étant à l'origine d'enlèvements d'enfants.

Quatre personnes ont été déférées ce mercredi devant la justice, parmi lesquelles trois majeurs et un mineur. Les trois adultes seront jugés ce jour devant la 17e chambre du tribunal correctionnel pour "violences et rébellion". La personne mineure a, elle, été déférée devant un juge des enfants. 

Toutes sont soupçonnées d'avoir participé à l'affaire dite de la "chasse aux Roms" en Ile-de-France. Dix-neuf personnes avaient été placées en garde à vue à Bobigny après des violences visant des Roms, désignés par des rumeurs sur les réseaux sociaux comme étant à l'origine d'enlèvements d'enfants, avait annoncé mardi le parquet. Onze personnes étaient toujours en garde à vue mercredi pour les violences survenues à Bobigny, a précisé une source judiciaire à l'AFP. 

Quatre Roms, arrêtés alors qu'ils étaient "armés de bâtons pour se défendre", ont été relâchés mardi, selon une source policière.

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Ne pas relayer les fake news

Mardi, la préfecture de police de Paris avait envoyé dans la matinée un message d'avertissement et demandé de ne pas relayer la fausse information concernant les "tentatives d'enlèvement d'enfants". "Les rumeurs de kidnapping d'enfants avec une camionnette sont totalement infondées. N'incitez pas à la violence", indiquait-elle sur Twitter.

"Très favorable à des sanctions financières"

Le chef de file des députés En Marche, Gilles Le Gendre, s'est dit mercredi sur France Info "très favorable" à des sanctions financières à l'encontre des réseaux sociaux, après ces violences visant des Roms, même si "techniquement c'est très compliqué de déterminer qui est derrière tout cela". "Il faudra que les réseaux sociaux, les plateformes se donnent les moyens d'être très transparents sur ces sujets-là", a-t-il ajouté.

"Ce qui se passe est profondément choquant et malheureusement probablement appelé à se renouveler", a déploré M. Le Gendre. "Aujourd'hui les réseaux sociaux ont une puissance de feu inouïe qui permet à n'importe qui, sous pseudo, de mettre en cause n'importe qui, n'importe quelle personne, n'importe quelle communauté, en racontant n'importe quoi". 

L'élu LaREM a rappelé que les députés avaient "un énorme chantier concernant les 'fake news', le complotisme, la manipulation. Nous l'attaquons par petits bouts. Nous allons voter bientôt une proposition de loi sur les propos haineux sur internet. C'est une première étape."

"Dérives inacceptables"

Ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a qualifié de "dérives inacceptables" les violences qui ont visé des Roms désignés comme étant à l'origine d'enlèvements d'enfants par des rumeurs sur les réseaux sociaux.

"Il faut qu'on puisse adapter nos réponses, à la fois judiciaires, pénales, à la violence qu'on peut aujourd'hui constater et aux dérives absolument inacceptables qui visent en particulier la communauté rom depuis quelques jours", a déclaré le représentant du gouvernement à l'issue du Conseil des ministres.

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