Qu’implique exactement le contrôle judiciaire auquel est soumis Nicolas Sarkozy ?

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DÉTAILS - Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire à sa sortie de garde à vue. On en sait désormais plus sur les contraintes qui pèsent sur lui.

En 2009, Jacques Chirac avait été mis en examen, dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, mais n'avait pas été soumis à un contrôle judiciaire. L’application de cette mesure, mercredi soir, à Nicolas Sarkozy, mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement de fonds publics libyens", dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, constitue donc une première pour un ancien chef de l'Etat sous la Ve République. Vendredi matin, son avocat, Me Thierry Herzog, a annoncé qu'il allait faire appel de ce contrôle judiciaire. Mais qu'implique-t-il exactement ? 

Nicolas Sarkozy a à présent interdiction totale de se rendre dans quatre pays, où pourraient se trouver plusieurs proches de feu Mouammar Kadhafi : la Libye, l'Égypte, la Tunisie et l'Afrique du Sud. A-t-il néanmoins pu conserver son passeport ? "Bien sûr", a répondu l’ex-président de la République, en levant les yeux au ciel, ce jeudi soir sur TF1.

Pardonnez-moi mais je n'ai pas envie de voir Ziad Takieddine !Nicolas Sarkozy sur TF1

En outre, il n’a plus le droit d’approcher neuf personnalités du dossier. Parmi elles, Brice Hortefeux, Claude Guéant, Bernard Squarcini, ex-chef du renseignement intérieur (DCRI), l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, placé en détention provisoire à Londres dans l'attente de son éventuelle extradition vers la France, ou encore Ziad Takieddine. Concernant ce dernier, Nicolas Sarkozy a ironisé, sur le plateau du JT de 20h : "Pardonnez-moi mais je n'ai pas envie de le voir !"

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Affaire libyenne : Sarkozy charge Takieddine

À propos de ses proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, l’ex-chef de l’État a souligné, non sans une certaine malice : "Qu'est-ce qui justifie qu'on m'interdise de les voir ? Entre le début de la procédure et ce contrôle judiciaire, si j'avais voulu m'entendre avec eux, j'avais cinq ans pour le faire."


Pour mémoire, Claude Guéant, son directeur de campagne en 2007, est mis en examen dans le dossier pour "faux, usage de faux, et blanchiment de fraude fiscale", soupçonné d’avoir acquis son appartement parisien à travers des circuits financiers opaques et possiblement libyens. Brice Hortefeux, lui, a été auditionné comme "suspect libre" par les enquêteurs qui s’interrogent notamment sur un voyage effectué en décembre 2005 en Libye.

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