Ne s'estimant pas en sécurité au travail, des syndicats attaquent Amazon en justice

Ne s'estimant pas en sécurité au travail, des syndicats attaquent Amazon en justice
Justice

TRAVAIL - Le coronavirus oblige les entreprises à protéger les salariés qui travaillent encore. Une question compliquée dans le secteur de le logistique. Des syndicats ont ainsi attaqué le géant Amazon en justice. Le tribunal de Nanterre rendra sa décision mardi prochain.

Le géant du commerce en ligne Amazon fait l'objet d'une assignation en référé transmise par l'Union syndicale Solidaires au tribunal de Nanterre pour réclamer la fermeture de l'ensemble des sites d'Amazon France Logistique. La raison ? L’absence, selon les syndicats, de mesures suffisantes pour protéger les salariés. Pour montrer qu'il est bon élève en matière de sécurité sanitaire, Amazon nous a ouvert les portes de l'un de ses entrepôts (voir la vidéo ci-dessus). Afin de protéger ses employés du coronavirus, le géant de l'e-commerce a adopté des mesures d'hygiène. Distanciation, prise de température des salariés … le géant américain assure également avoir limité son catalogue afin de se concentrer sur les produits de première nécessité.  

 

Des mesures contestées par les syndicats qui estiment que chaque colis, avant d’arriver chez un client, est touché en moyenne "par huit personnes" différentes.  "Notre avocate a insisté sur les annonces d'affichage d'Amazon", par exemple quand l'entreprise préconise "deux mètres de distance de sécurité" entre les salariés, alors que "la nature de l'activité rend impossible de respecter même un mètre d'écart", a indiqué par téléphone à l'AFP Laurent Degousée de SUD Commerce, qui était présent à l'audience. La décision en référé sera rendue mardi à l'heure où débutera un comité social et économique (CSE) 

Quant à "la prise de température" à l'entrée des bâtiments, "cela crée un point de contact supplémentaire" pour le personnel, a-t-il ajouté, en soulignant "la peur d'être sanctionné" chez les salariés car, "tous les jours, il y a des procédures qui changent".

La décision en référé sera rendue mardi à l'heure où débutera un comité social et économique (CSE) central du groupe, a-t-il précisé.  

Mises en demeure par l'inspection du travail

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Amazon s'est mis en conformité sur trois des cinq sites pour lesquels le groupe avait fait l'objet de mises en demeures de l'inspection du travail, a-t-on appris vendredi auprès du ministère du Travail. Après un premier contrôle de l'inspection du travail, des mises en demeure avaient été prononcées par le ministère pour cinq sites sur l'ensemble du territoire au motif qu'Amazon n'avait pas mis en place les conditions nécessaires pour éviter une "situation dangereuse" sur ces sites.

"Pour trois d'entre eux, un nouveau contrôle de l'inspection du travail a eu lieu et a (permis de constater) que la direction de l'établissement concerné s'est mise en conformité avec les préconisations gouvernementales relatives aux gestes barrières et à la distanciation sociale, ainsi qu'aux recommandations des Direccte (direction régionale du travail)", a indiqué le ministère.

"Deux sites (Montélimar dans la Drôme et Saran dans le Loiret) doivent encore faire l'objet d'un nouveau contrôle dans les jours qui viennent", a-t-on ajouté. Si les recommandations ne sont pas appliquées, le juge en référé peut prononcer la fermeture de l'établissement.

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