Corse : mobilisation pour la destruction des villas de Pierre Ferracci, proche d’Emmanuel Macron

Corse : mobilisation pour la destruction des villas de Pierre Ferracci, proche d’Emmanuel Macron

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AFFAIRE - Pierre Ferracci, homme d’affaires et proche d’Emmanuel Macron, a fait construire en Corse deux villas sur un site naturel protégé. La Cour d’appel de Bastia lui a infligé une amende, mais un collectif d’habitants demande la destruction pure et simple de ses villas.

Les villas Ferracci. Voilà ce qui fait sursauter les habitants de la baie de Rondinara près de Bonifacio, en Corse-du-Sud. Pierre Ferracci, riche homme d’affaires, a fait construire deux villas entre 2008 et 2013. Le souci ? Ces villas sont construites sur "un site naturel protégé". 670 mètres carrés d’habitations, des piscines… le tout en plein cœur du maquis et à quelques mètres du bord de mer.

L’objet du courroux

L’histoire remonte à 1990. L’homme d’affaires achète un terrain de 20 hectares. Son ambition est d’y édifier plusieurs villas. Le permis de construire lui est longtemps refusé, mais au prix d’un long bras de fer, et bénéficiant d’un vice de procédure, il parvient à commencer ses travaux en 2008. Problème : il ne veut plus faire que deux villas, et décale la construction de 150 mètres. Sauf qu’à cet endroit, l’espace est classé "naturel" et protégé, donc.

Qui est Pierre Ferracci ?

Pierre Ferracci est président du groupe Alpha et du club de football du Paris FC. C’est aussi un proche d’Emmanuel Macron puisqu’il fait partie de la commission Attali, comme le révèle Marianne. Il est par ailleurs le père de Marc Ferracci. Or ce dernier n’est autre que l’un des deux témoins du mariage du Président de la république avec sa femme actuelle, Brigitte, et un de ses meilleurs amis. Son épouse, Sophie, était cheffe du cabinet du candidat Macron.

Condamné… à une amende

A l’époque, beaucoup dénoncent cette construction, à commencer par les associations de défense de l’environnement. Pas le maire actuel de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, réputé être proche d’Emmanuel Macron selon Marianne, qui prétexte des "constructions intégrées au paysage".


Le 5 juillet dernier, la société civile de Pierre Ferraci est condamnée à une amende d‘un million d’euros, soit le montant maximum en cas de "travaux non autorisés" et "infraction au plan local d’urbanisme". Une décision inacceptable pour ces associations qui ont depuis lancé une pétition "pour la démolition systématique des constructions illégales en Espaces protégés", qui a déjà recueilli plus de 35.000 signatures.

Favoritisme ?

Les associations, U Levante et ABCDE en tête, réclament donc d’aller plus loin. Dimanche, 150 citoyens soutenus par U Levante, se sont réunis à Vizzavona derrière une banderole Per a salvezza di a terra Corsa (Pour la préservation de la terre corse), afin de demander une nouvelle fois cette destruction. L’association se veut pacifiste et cherche des solutions avant d’en arriver à la force, mais a en parallèle enclenché un pourvoi en cassation. Un rassemblement  est d’ailleurs prévu le 13 août prochain à 11h à Rondinara avant de rallier la mairie de Bonifacio.

De son côté, Pierre Ferracci dénonce, quant à lui, un "acharnement".

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