Crash de la caravelle Ajaccio-Nice : 51 ans après, les familles attendent désormais la vérité

Justice

SECRET DÉFENSE - 51 ans quasiment jour pour jour après le crash du vol Ajaccio - Nice, Emmanuel Macron a demandé à Florence Parly, la ministre des armées, de saisir la commission de défense nationale, afin d'obtenir la levée du secret-défense dans cette affaire où 95 personnes avaient perdu la vie.

Il aura fallu attendre 51 ans. Le 11 septembre 1968, un vol reliant Ajaccio à Nice s'écrasait en pleine mer, au large d'Antibes. Le bilan est lourd, le drame faisant 95 victimes, et aucun survivant. La thèse officielle de l'accident est alors celle d'une perte de contrôle, "provoquée par un incendie qui s'est déclaré à l'arrière de l'appareil", note un rapport publié au Journal Officiel du 14 décembre 1972.

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ARCHIVES : Révélations sur le crash de la caravelle Ajaccio-Nice (20h du 10 mai 2011)

Mais cette thèse, les familles des victimes n'y croient pas. Intriguées par la présence d'exercices militaires dans la zone du crash, elles émettent alors l'hypothèse d'un tir de missile ayant touché l'appareil en vol. Une hypothèse renforcée en 2011, lorsqu'un ancien membre de l'armée déclarait avoir écrit un rapport classé secret-défense, dans un entretien accordé à TF1. "On a abattu un avion civil au lieu d'abattre une cible programmée pour ça", avait-il témoigné.

Macron demande la levée du secret-défense

C'est alors que démarre une longue bataille juridique, jusqu'à ce qu'en mars 2018, le juge d'instruction chargé de l'enquête, Alain Chemama, ne requiert la levée du secret-défense, indiquant qu'il fallait prendre "très au sérieux" l'hypothèse d'un tir de missile. Une volonté finalement acceptée par Emmanuel Macron qui a demandé à sa ministre des armées, Florence Parly, de "saisir la commission de la défense nationale, afin d'obtenir la levée du secret-défense sur des documents classifiés". "Le président entend votre quête en faveur de la manifestation de la vérité", a ajouté l'Elysée dans une lettre adressée à l'association des victimes du crash.

Le président de l'association, Mathieu Paoli a salué de son côté "une avancée très importante", sur franceinfo. "51 ans de souffrance pour toutes ces familles qui attendent de connaître cette vérité - que nous connaissons d'ailleurs déjà - mais pour au moins que ce soit dit officiellement, et que ce secret-défense soit enfin levé", a-t-il poursuivi.

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