Dans une vidéo des forces kurdes, la djihadiste française Emilie König dit être "traitée correctement" en détention

Dans une vidéo des forces kurdes, la djihadiste française Emilie König dit être "traitée correctement" en détention

Justice
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CAPTIVITE - La djihadiste Emilie König apparaît dans une vidéo du service de presse des forces kurdes, qui la détiennent actuellement en Syrie. Elle assure qu'elle y est bien traitée, contrairement à ce qu'a pu dire sa mère auprès de journaux français. Des images à prendre avec des pincettes, le contexte dans lequel cette vidéo a été tournée étant inconnu.

Elle apparaît légèrement maquillée, en sweat à capuche rose pâle. Emilie König, Française membre du groupe Etat islamique (EI), actuellement détenue par les forces kurdes en Syrie, parle face caméra dans le cadre de ce qui semble être une conférence de presse de l'YPG. Elle dément les rumeurs selon lesquelles cette branche armée du Parti de l'union démocratique, appelée Unité de protection du peuple et qui combat le groupe Etat islamique, torture ses prisonniers.  


La vidéo est coupée et existe en plusieurs versions. Mise en ligne samedi 8 janvier par le service de presse de l'YPG, elle montre la Bretonne trentenaire s'exprimer en arabe, puis en français. Dans les deux extraits, la tonalité est la même : Emilie König se dit "traitée correctement" en détention, où elle "ne manque de rien". 

J'ai pas eu d'injusticeEmilie Koenig

"Il n'y a pas de différence entre nous et les femmes du YPG. Il n'y a pas de haine, rien du tout. Tout ce qu'on m'a dit, en fait, c'était le contraire. J'ai vu que les femmes du YPG jouaient avec des enfants, jouaient avec des bonbons, des chocolats, des biscuits. Nous, on nous apporte à manger. Si on a envie de fumer on peut fumer, si on a envie de boire du thé hors temps de repas, ils nous apportent du thé, du café. ils nous apportent tout ce dont on a besoin", commence par détailler la captive, membre de Daech.


Dans la vidéo, elle revient également sur les propos alarmistes qu'elle a pu tenir à sa mère, au téléphone, dans les premiers jours de sa détention : "Au premier camp où je suis arrivée après mon arrestation, j'ai téléphoné à ma mère (...) parce que j'ai entendu les femmes de Daech dire qu'il y avait beaucoup d'injustices, que le YPG tapait, moi j'ai pris peur. (...) J'ai dit à ma mère que j'avais peur, qu'on n'allait plus nous apporter de la nourriture, qu'on allait nous priver de beaucoup de choses." 


Elle poursuit : "Après on est partis au nouveau camp, ça été le contraire. En arrivant au camp, j'ai dormi dans la tente d'une femme irakienne, tout s'est très bien passé. Le lendemain, j'ai eu ma tente, le surlendemain j'ai eu les cartons pour faire la cuisine, les matelas pour dormir, les couvertures. On a tout eu, on n'a manqué de rien." Et la jeune femme de citer les noms de plusieurs organisations d'aide humanitaire pour appuyer ses propos : "J'ai vu que l'Unicef soutenait l'YPG, que la Croix-Rouge était présente. Les toubibs viennent pour voir si les enfants, ou nous, sommes malades. Si on est malade, on nous prend pour aller à l'hôpital. Depuis mon arrestation, j'ai pas vu de problème, on m'a toujours traitée correctement, on m'a apporté à boire, à manger, des cigarettes. J'ai pas eu d'injustice." 

Des images tournées sous la pression ?

Une vidéo qui intervient après que la mère de la jeune femme a témoigné dans la presse française, auprès de Ouest-France notamment, disant qu'elle craignait de mauvaises conditions de détention pour sa fille : "J'ai eu Emilie au téléphone en fin de semaine dernière. Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée. (...) Entassés dans des conteneurs, pas nourris, ils ont déjà dû déménager trois fois", avait-elle assuré en larmes, demandant le rapatriement de sa fille, qu'elle décrit comme "repentie". 


Alors dans quelles conditions ces images ont-elles été tournées ? Emilie König était-elle menacée, sous pression, lorsqu'elle a répondu à ces questions ? Etait-elle assistée d'un avocat lors de cette conférence de presse ? Les droits de la défense sont-ils respectés dans le contexte d'un procès à venir ? Impossible, pour l'heure, de le savoir. En attendant, il convient de prendre ces vidéos pour ce qu'elles sont : des produits issus d'un organe de propagande kurde.

Un procès sur place ?

Emilie König a fait partie des premières femmes à partir combattre en Syrie, où elle aurait recruté plusieurs centaines de personnes pour le compte du groupe Etat islamique. Désormais arrêtée, se pose la question du pays qui la jugera. Selon le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, elle pourrait connaître un passage devant les tribunaux sur place si les "institutions judiciaires sont en capacité d'assurer un procès équitable". 

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