De 5 à 9 ans de prison pour 3 jeunes voulant se rendre en Syrie

De 5 à 9 ans de prison pour 3 jeunes voulant se rendre en Syrie

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TRIBUNAL -Trois proches d'une filière djihadiste du Bas-Rhin étaient jugés mardi 12 juin pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Ils ont écopé de peines allant de 5 à 9 ans de prison.

Ils ont pour certains tenté de rejoindre la Syrie par deux fois, dont la seconde quelques mois seulement après les attentats sanglants de novembre 2015 à Paris. Alperen C., Mustafa S. et Saïd I., trois proches d'une filière djihadiste du Bas-Rhin, étaient jugés ce mardi pour association de malfaiteurs à visée terroriste.


Les trois accusés, âgés respectivement de 22, 26 et 32 ans, ont écopé de peines allant de 5 à 9 ans de prison. Ils avaient tenté de partir ensemble en Syrie en mai 2016 : un voyage par la route, qui a finalement tourné court. Les trois compères avaient dû rebrousser chemin à la frontière entre l'Autriche et la Slovénie, l'un d'eux n'ayant pas tous ses papiers.

"En pleine adhésion aux exactions de l'Etat islamique"

"Partir rejoindre l’Etat islamique après novembre 2015, c'est partir en pleine adhésion à ses exactions" et à "la terreur et l'effroi" qu'il a semés en France en 2015, a fait valoir la procureure, en appelant à une sévérité exemplaire envers les trois accusés. Ces derniers avaient été interpellés début 2017, notamment après des écoutes téléphoniques confirmant leur radicalisation. Le ministère public a été suivi par le tribunal concernant les deux prévenus récidivistes, Alperen C. et Mustafa S., condamnés respectivement à 9 et 8 ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers.


Le premier a écopé de la peine la plus lourde - juste en dessous du maximum de dix ans. Il s’était rendu en Syrie en 2014 et a reconnu y avoir été entraîné au maniement des armes par un groupe djihadiste. Le second avait, quant à lui, déjà tenté de partir en Syrie en décembre 2013, mais en avait été empêché in extremis par sa famille, alors qu'il allait partir avec son ami d'enfance Foued Mohamed-Aggad, un des kamikazes du Bataclan. Le tribunal a fait preuve de plus de clémence envers Saïd I., considéré comme mieux inséré dans la société et séduit plus tardivement que les deux autres par les sirènes djihadistes. Ce dernier a été condamné à 5 ans de prison sans période de sûreté, contre 6 ans avec deux tiers de sûreté requis.

Ami d'enfance avec l'un des kamikazes du Bataclan

Au cours des deux jours de procès, les trois accusés ont fermement nié tout projet d'attentat. Mustafa S. et Alperen C. ont reconnu qu'ils avaient voulu rejoindre la Syrie "pour combattre", mais ont assuré avoir depuis compris qu'ils s’étaient égarés. Leurs avocats ont souligné l'absence d'éléments matériels prouvant leur volonté de passage à l'acte violent, et que si telle était leur intention, ils auraient eu tout le temps de le faire - plus de huit mois - entre leur départ avorté pour la Syrie et leur arrestation. 


Dix membres de la filière djihadiste d'Alsace, dont Foued Mohamed-Aggad, étaient partis en Syrie à la fin 2013. Deux autres sont morts en Syrie peu après leur arrivée. Les sept autres, rentrés en France en 2014, ont été arrêtés à leur retour et condamnés à de lourdes peines. Parmi eux, Karim Mohamed-Aggad, le frère du kamikaze du Bataclan, a vu en mai 2017 sa peine de neuf ans de prison confirmée en appel.

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