De nouvelles femmes accusent l'ex-cadre du ministère de la Culture de les avoir empoisonnées aux diurétiques

Le ministère de la Culture à Paris
Justice

TEMOIGNAGES – Un haut fonctionnaire a été mis en examen en octobre, soupçonné d’avoir photographiées et intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, plus de 200 femmes. Alors que de nouveaux témoignages sont publiés dans "Libération", le ministre de la Culture dénonce une omerta.

Les langues se délient. Une semaine après la publication dans Libération d’une enquête sur les humiliations qu’un haut fonctionnaire du ministère de la Culture aurait fait subir à des centaines de femmes, une quinzaine de nouveaux témoignages sont publiés. 

L’homme en question, responsable ressources humaines au ministère de la Culture puis à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand-Est avait été mis en examen fin octobre pour des faits s’étendant entre 2009 et 2018. Il est accusé d’avoir glissé des diurétiques dans les boissons de candidates lors d’entretiens, forçant celles-ci à parfois uriner devant lui. Il aurait pris aussi discrètement en photo les jambes de certaines d’entre elles lors de rendez-vous. 

Un appel pour retrouver les victimes

Une des avocates des accusatrices, Clémence Langlois, a lancé mercredi 13 novembre un appel en Alsace pour retrouver et rassembler les victimes. En tout, plus de 200 femmes auraient subis les agissements de ce fonctionnaire. 

Ces personnes se sont rassemblées sur un groupe WhatsApp pour se renseigner sur les démarches judiciaires envisageables, en attendant "une aide des autorités". 

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Franck Riester dénonce une "omerta"

"Lorsque des voix s’élèvent pour briser le silence, il faut les écouter", a martelé le ministre de la Culture dans son discours aux Assises de la parité et de la diversité jeudi 14 novembre, dénonçant une "omerta qui a longtemps prévalu en matière de violences sexistes et sexuelles". 

Déplorant qu’il ait fallu près de "10 ans" avant que les faits ne soient révélés, il a rappelé qu’une procédure judiciaire est en cours, et a précisé avoir réouvert une cellule d’écoute pour les victimes, joignable par téléphone au 07 87 75 53 70. 

De leur côté, sept syndicats ( CFDT, CFTC, CGT, Snac-FSU, Sud, SNSC et UNSA) avaient dénoncé la veille la situation "systémique" au ministère de la Culture et dans la fonction publique, où la "couverture" des actes violents et d’abus de pouvoir est "favorisée par un système hiérarchique vertical violent et rigide qui offre l’impunité à des personnalités toxiques". 

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