"Décrocheurs" de portraits de Macron : 2 militants jugés à Lyon, 16 autres procès à venir

Justice

DÉSOBÉISSANCE CIVILE - Deux militants du mouvement "Décrochons Macron" comparaissent devant la justice, à Lyon, pour avoir volé des portraits du Président de la république. Ils encourent cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Ils l’ont toujours dit : ils sont "conscients" des risques juridiques. Deux militants du mouvement d’action non-violente ANV COP21 comparaissent devant un tribunal de Lyon ce lundi 2 août. La trentaine passée, Pierre et Fanny  sont jugés pour " vol en réunion" après avoir retiré des portraits du Président de la république du mur d’une mairie. Ils encourent cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

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17 procès prévus contre les "Décrocheurs"

C’est le troisième procès contre ces "décrocheurs", et loin d'être le dernier. En tout, 17 passages devant la justice sont prévus pour ces militants écologistes. Car comme Pierre et Fanny, ils sont nombreux à avoir fait le choix de risquer des poursuites et une amende, voire la prison, afin d’alerter sur la crise climatique. Et ce notamment en décrochant les portraits d'Emmanuel Macron, accusé d'inaction climatique, de certaines mairies.  Les organisateurs revendiquent 128 portraits décrochés depuis le lancement de l'initiative en février dernier, dont sept ont été exposés dans les rues de Bayonne en marge du G7.

Les risques juridiques nous font moins peur que le chaos climatique- Fanny Delahalle, militante écologiste

Mais pour eux, la cause écologique est plus importante que la menace d’un passage en prison. "Les risques juridiques que l'on a pris nous font beaucoup moins peur que le chaos climatique qui s'annonce", explique ainsi la militante Fanny, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue en amont du procès. Interrogée par l’AFP, la semaine dernière, une autre "décrocheuse", qui sera jugée le 11 septembre prochain à Paris, défendait la même position. Si Pauline Boyer confiait qu’un procès pouvait être "stressant", elle estimait que ce type d’action est "nécessaire". "Nous n'avons plus le temps d'attendre."

Depuis le début de ce mouvement, 152 personnes ont été auditionnées et 94 placées en garde à vue, pour un total de 900 heures cumulées, détaillent les organisateurs de la campagne "Décrochons Macron". Mais aucune d’elle n’a mené à une amende. Le 12 juin, lors du premier procès, six militants avaient écopé d'amendes, fermes ou avec sursis, avant que le parquet ne fasse appel. Deux semaines plus tard trois autres personnes étaient relaxées à Strasbourg.

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