Démocratie participative, ce site raciste et antisémite va-t-il enfin être interdit ?

Démocratie participative, ce site raciste et antisémite va-t-il enfin être interdit ?

Justice
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HAINE – Faute d’avoir pu identifier formellement son ou ses auteur(s) et de savoir quel est son véritable hébergeur, la justice assigne en référé ce jeudi neuf fournisseurs d’accès à Internet afin d’obtenir le blocage d’un site raciste et antisémite.

Il prétend "défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et humanistes conformément à l’idéal de justice sociale qui l’anime". Pourtant, en consultant les articles du site Démocratie Participative, on découvre avec horreur des contenus ouvertement racistes et antisémites. Dans un récent article, la secrétaire d’État à la Transition écologique, Emmanuelle Wargon, est assimilée à une "sorcière juive". La députée LaREM, Laetitia Avia, est rebaptisée "négresse des juifs", l’humoriste Yassine Belattar est traité de "bougnoule de Macron" et le rappeur Youssoupha est qualifié de "nègre excrémentiel". 


Et à ce jour, malgré plusieurs tentatives, la justice n’est pas parvenue à obtenir la fermeture de ce site bien connu de la "fachosphère" et dont l’audience dépasse tout de même les 800.000 visites par mois. Tout d’abord, le ou les auteur(s) préservent astucieusement leur anonymat, ce qui complique les poursuites judiciaires. 


Mais surtout, le site est hébergé aux Etats-Unis, où la liberté d’expression est protégée par le premier amendement. D’autant que, comme l’explique Le Parisien, son adresse IP renvoie vers une société américaine qui permet l’anonymisation du véritable serveur sur lequel le site est hébergé. Des réquisitions judiciaires ont bien été adressées à plusieurs hébergeurs outre Atlantique, mais en vain.

Le responsable du site expatrié au Japon ?

Du coup, la justice française n’a d’autres choix que de se tourner vers les opérateurs télécoms français. Ce jeudi, le Tribunal de grande instance de Paris va donc examiner une assignation en référé, dont le procureur de la République de Paris est à l’origine. Le but : ordonner aux fournisseurs d’accès à Internet le blocage du site dans les quinze jours sous peine de verser une astreinte de 10.000 euros par jour de retard.


Mais la justice ne compte pas s’arrêter là. Elle espère découvrir l’identité du responsable de ce site. Selon les recherches effectuées par le Bureau de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), il pourrait s’agir du nationaliste breton, Boris Le Lay, rapporte Le Parisien. Ce militant d’extrême droite, plusieurs fois condamné notamment pour provocation à la discrimination raciale, est très actif sur Twitter où il ne cache pas ses penchants racistes et antisémites. Or, Boris Le Lay ne réside plus en France depuis plusieurs années et se serait expatrié au Japon, pays avec lequel la France n’a pas signé de convention d’extradition.

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