Denis Baupin perd son procès en diffamation contre les médias et ses accusatrices

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L'affaire Denis Baupin

PROCÈS - La justice a relaxé vendredi les journalistes poursuivis en diffamation pour avoir donné la parole à des femmes accusant Denis Baupin d'agressions sexuelles et de harcèlement. Denis Baupin a aussi été condamné pour procédure abusive.

Il voulait "laver son honneur". La justice en a décidé autrement. Les journalistes poursuivis en diffamation pour avoir donné la parole à des femmes accusant Denis Baupin d'agressions sexuelles et de harcèlement ont été relaxés ce vendredi. Une décision prise au terme d'un procès de la presse mué en charge contre l'ex-député écologiste.

Dans la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, dite "chambre des libertés", les prévenus, debout, souriaient en écoutant la lecture du délibéré : des femmes accusées d'avoir menti, soumises à l'épreuve publique du procès, ont pour la première fois le sentiment d'avoir été écoutées.

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Une charge contre l'ancien vice-président de l'Assemblée nationale

Au fil des débats, le procès de la presse s'était en effet mué en charge contre l'ancien vice-président de l'Assemblée nationale. Huit femmes ont raconté des "SMS salaces", des "gestes déplacés" et des "agressions": "les deux mains sur les seins", le "pied coincé dans la porte", "une caresse très douce ressentie comme une grande violence". L'audience a été le théâtre d'une douloureuse introspection au sein d'un parti revendiquant ses combats pour le féminisme et la parité. 

Un affrontement entre la génération des pionniers comme Dominique Voynet qui n'ont "rien vu" et la jeune garde qui a regretté la "complaisance avec la violence". A l'image d'une Cécile Duflot en pleurs, livrant pour la première fois publiquement le récit d'une agression qu'elle avait tue jusqu'alors: "une abdication en rase campagne", a regretté l'ancienne secrétaire nationale des Verts.

Les médias poursuivis avaient eux salué la "fin de l'omerta" pour des femmes en butte à la domination masculine. Pour Ellen Debost, une des prévenues, ce procès fut un moment où une parole déjà libérée "a commencé à être écoutée".

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