Des lasagnes à la viande de cheval : le procès Spanghero s'ouvre ce lundi

Justice
DirectLCI
SCANDALE - Six ans après les premières révélations, le procès Spanghero s'ouvre lundi 21 janvier. Les dirigeants de cette société ayant vendu de la viande de cheval en la faisant passer pour de la viande de boeuf sont accusés de fraude organisée.

Un scandale sanitaire international et des milliers de consommateurs floués : lundi 21 janvier s’ouvre le procès Spanghero, du nom de cette société accusée d’avoir vendu de la viande de cheval en la faisant passer pour de la viande bovine. 


Les premières révélations remontent à 2013 , avec la découverte en Irlande de viande de cheval dans des steaks hachés "pur boeuf" vendus en supermarché. Peu après la société Findus découvre de la viande chevaline dans des lasagnes, viande provenant de Spanghero, entreprise familiale française basée dans l’Aude, qui s’approvisionnait auprès d’abattoirs roumains. 

Selon l’enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l'arnaque porterait sur plus 750 tonnes de viande de cheval. Au total, cette viande s’est retrouvée dans 4,5 millions de plats cuisinés, vendus dans plus d'une douzaine de pays européens.


L’accusation évoque une "organisation atypique et propice aux fraudes". Sur le banc des accusés, deux anciens dirigeants de Spanghero, et deux intermédiaires néerlandais. Les échanges s’annoncent houleux, car l’ancien directeur de Spanghero Jacques Poujol et le négociant néerlandais Johannès Fasen contestent les faits et se rejettent mutuellement la faute. Le premier dit avoir ignoré la véritable nature de la viande, quand le second affirme que le premier lui avait bien passé commande.

10 ans de prison encourus

Le procès doit durer jusqu’au 13 février. Douze sociétés et associations, parmi lesquelles Picard Surgelés, Findus, Carrefour Hypermarchés, la Fédération nationale bovine et l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes (Interbev), se sont portées parties civiles.


Les quatre prévenus, jugés notamment pour escroquerie en bande organisée, encourent une peine maximum de 10 ans de prison et un million d'euros d'amende.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter