Deux ans de prison ferme pour la mère d'un djihadiste, accusée de lui avoir envoyé de l'argent

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JUSTICE - La mère d'un djihadiste franco-algérien présumé mort en Syrie a été condamnée jeudi à Paris à deux ans de prison ferme pour avoir "financé le terrorisme" en lui envoyant de l'argent, une condamnation dont elle entend faire appel.

C'est une décision qui pourrait faire jurisprudence. Nathalie Haddadi, mère d'un jeune djihadiste présumé mort en Syrie en août 2016, a été condamnée jeudi à deux ans de prison ferme pour "financement du terrorisme". Cette femme de 43 ans, conseillère commerciale en Alsace, était notamment accusée d'avoir payé des billets d'avion pour l'Algérie à son fils Belabbas Bounaga, qui y avait rejoint son père début novembre 2015. Radicalisé, il était alors visé par une interdiction de sortie du territoire français à l'issue d'une peine d'emprisonnement.


Le tribunal correctionnel n'a en revanche pas ordonné l'incarcération immédiate de Nathalie Haddadi, comme l'avait requis le procureur lors de l'audience, le 5 septembre. Le représentant de l'accusation avait demandé 18 mois d'emprisonnement. Celle qui se dit "aberrée" et "en colère" entend faire appel de cette peine qui peut toutefois être aménagée. 


"Je sors avec un statut de terroriste ! (...) Financer une idéologie que moi-même je combats, c'est juste pas logique !, s'est-elle exclamée. C'est un procès d'une mère qui a aidé son fils (...) Il existe un remède, un médicament, on le prend, on oublie nos enfants, on les déteste parce qu'ils font des conneries ? Donnez-le moi, je le veux !"

Dix ans de prison par contumace à l'encontre de Bellagas Bounaga

Le tribunal a par ailleurs condamné par défaut Bellagas Bounaga a dix ans de prison, assorti d'un mandat d'arrêt.


Le ministère public estime qu'il y a un doute sur sa mort ou que ses papiers peuvent être utilisés par un autre djihadiste et la présidente du tribunal a décidé de joindre les deux dossiers. Les avocats de Nathalie Haddadi et ceux de ses coprévenus avaient plaidé la relaxe. Ils avaient fait valoir que les prévenus avaient envoyé des mandats à Belabbas avant son arrivée en Syrie et que le parquet n'avait pas prouvé qu'ils connaissaient ses intentions.

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