Deux hautes magistrates placées en garde à vue dans le cadre d’une affaire de stupéfiants

Deux hautes magistrates placées en garde à vue dans le cadre d’une affaire de stupéfiants

JUSTICE – "Le Parisien" révèle ce mercredi le placement en garde à vue, mardi, de deux hautes magistrates. En cause : leur rôle présumé dans l’organisation de la fausse garde à vue d’un important trafiquant de drogue, qui servait d’informateur à la police judiciaire.

On a tendance à croire que ces choses-là ne se passent que dans les films et pourtant... Le Parisien nous rappelle, ce mercredi, que les scénarios les plus spectaculaires prennent souvent racine dans la réalité. Le quotidien francilien révèle en effet le placement en garde à vue de Véronique Degermann et Karime Roussy-Sabourin, deux hautes magistrates. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) cherche à établir leur rôle dans la tenue, en 2012, d’une fausse garde à vue, totalement illégale, organisée par la police judiciaire.

"Complicité"

On rembobine. Octobre 2015 : les douanes découvrent pas moins de sept tonnes de cannabis, réparties dans trois camionnettes garées dans le XVIe arrondissement de Paris. Elles remontent ensuite assez vite jusqu’à l’homme qui les a importées du Maroc, Sofiane Hambli, l’un des gros poissons du trafic de drogue en France. Problème : ce dernier sert aussi d’indic à François Thierry, patron de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), qui laissait Hambli agir à sa guise pour mieux cibler les réseaux de revente. 

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Le 24 août 2017, l'ex-patron de la lutte antidrogue est mis en examen pour "complicité de détention, transport, acquisition de stupéfiants et complicité d’exportation de stupéfiants en bande organisée". Dit autrement : il est soupçonné d’avoir favorisé l’entrée de drogue sur le territoire pour améliorer ses saisies. En 2012, Hambli a même été sorti de prison pour être conduit dans un hôtel de Nanterre situé tout près des locaux de la police judiciaire. Là, lors de cette "garde à vue" de trois jours, les policiers lui ont demandé d’importer de la drogue. 

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Cinq ans plus tard, en 2017, face à la justice, les policiers des stups, acculés, donnent les noms des magistrats du parquet ayant donné leur aval à l'opération. Elles sont donc deux. Véronique Degermann, aujourd’hui procureure adjointe au parquet de Paris, dirigeait alors le pôle chargé des affaires de criminalité organisée et de terrorisme. Karine Roussy-Sabourin, désormais en poste à la cour d’appel d’Aix, était, elle, procureur à la juridiction interrégionale spécialisée de Paris. Elle est sortie de garde à vue mardi soir, contrairement à la première nommée, toujours entendue par la police des polices ce mercredi matin. 

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