Deux ONG françaises attaquent Samsung pour violations des droits de l'Homme dans ses usines chinoises

Deux ONG françaises attaquent Samsung pour violations des droits de l'Homme dans ses usines chinoises

DirectLCI
JUSTICE - Les ONG réclament que la justice sanctionne "cet écart inacceptable entre ces engagements éthiques et la réalité dans les usines telle que décrite par les ONG de terrain". Selon Sherpa et ActionAid France, Samsung emploierait des enfants et exposerait ses employés à des conditions de travail indignes.

Ce jeudi, Sherpa et ActionAid France, deux ONG françaises, ont annoncé avoir déposé plainte devant le Tribunal de Grande Instance de Paris "pour pratiques commerciales trompeuses" contre l’entreprise Samsung et la filiale française. Les deux ONG dénoncent "des violations des droits humains" dans les usines chinoises du géant sud-coréen. Une première plainte avait déjà été déposée en 2014 mais elle avait été classée sans suite.

"L'emploi d’enfants de moins de seize ans, des horaires de travail abusifs..."

Dans un communiqué, les deux ONG annoncent avoir des éléments à charge contre le géant sud-coréen grâce à "de nouveaux rapports d’enquêtes très documentés de l’ONG China Labor Watch qui s’est infiltrée dans les usines Samsung". La plainte vise "l’emploi d’enfants de moins de seize ans, des horaires de travail abusifs, l’absence d’équipements appropriés encourus, des conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine". 

En vidéo

Galaxy Note 7 : quels dégâts pour Samsung ?

Les ONG pointent aussi l’utilisation de produits dangereux comme "le benzène et le méthanol", qui aurait "causé des maladies incurables chez plusieurs employés".

"L’une des entreprises les plus éthiques au monde"

Sherpa et ActionAid France critiquent l’hypocrisie de Samsung, qui avait pris des engagements éthiques en affirmant vouloir "devenir l'une des entreprises les plus éthiques au monde". "Samsung s’engage à respecter les lois et les réglementations locales ainsi qu’à appliquer un strict code de conduite global à l’ensemble de son personnel. Il a la conviction que la gestion éthique n’est pas seulement un outil pour répondre aux évolutions rapides d’un environnement professionnel global", peut-on lire sur le site internet du géant sud-coréen.


"Nous demandons à la justice de sanctionner cet écart inacceptable entre ces engagements éthiques et la réalité dans les usines telle que décrite par les ONG de terrain", écrivent les ONG dans un communiqué. "Cette procédure s'inscrit dans notre lutte de longue date contre l'impunité des multinationales", expliquent-elles.

Elles demandent "que les négociations onusiennes aboutissent à un traité contraignant les multinationales au respect des droits humains sur toute leur chaîne de production". En octobre 2017, l’ONU a présenté une première mouture d’un traité international pour le respect des droits de l’Homme dans les multinationales proposé par l’Équateur.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter