Disparition d'une étudiante japonaise à Besançon : les enquêteurs "persuadés" du décès, le corps introuvable

Disparition d'une étudiante japonaise à Besançon : les enquêteurs "persuadés" du décès, le corps introuvable

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JUSTICE - Le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, a annoncé ce lundi matin la fin des investigations en France pour tenter de retrouver le corps de Narumi Kurosaki, disparue dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016 à Besançon (Doubs). Une enquête avait été ouverte pour assassinat en janvier 2017. Son ex petit ami est Nicolas Zepeda Contreras est le principal suspect dans cette affaire.

Près de deux ans après la disparition de Narumi Kurosaki, 21 ans, le procureur de la République de Besançon Etienne Manteaux a annoncé ce lundi la "fin des investigations ". "Nous sommes persuadés aujourd’hui que, malheureusement, cette jeune femme est décédée (...). Nous ne voyons pas ce qu'il peut encore être fait pour retrouver le corps", a-t-il déclaré.

L’étudiante japonaise, qui avait une chambre dans l'enceinte de la cité universitaire de Besançon, a disparu dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. Une enquête pour assassinat avait été ouverte un mois plus tard. 


Son ex petit ami, Nicolas Zepeda Contreras, considéré comme le principal suspect, est lui reparti dans son pays, le Chili. S'il a reconnu avoir passé cette fameuse soirée du 4 décembre avec Narumi Kurosaki, il conteste toute implication dans sa disparition. 

Des messages et un film

Le procureur de la République a rappelé ce lundi matin que Narumi Kurosaki et Nicolas Zepeda Contreras qui étaient en couple s'étaient séparés en septembre 2016, trois mois avant la disparition de la jeune femme. Dans l'ordinateur portable de l'étudiante, les enquêteurs ont retrouvé des "traces de conflits dans un contexte de séparation". "Nicolas Zepeda Contreras n'a pas accepté cette séparation. On a même retrouvé des messages qui lui demande de supprimer des liens qu'elle a avec des gens. Nous avons aussi retrouvé un film où le jeune chilien se fait menaçant à l'encontre de Narumi", a indiqué le procureur. A partir de la mi-octobre, les deux jeunes gens n'auraient plus échangé. 

La jeune étudiante a été vue dans un restaurant avec Nicolas Zepeda Contreras à Ornans, à côté de Besançon, quelques heures avant sa disparition. Le soir même, plusieurs étudiants de la résidence universitaire ont entendu "des cris d'angoisse, de peur et un bruit sourd", a rappelé lundi le procureur de Besançon.

"Produits inflammables et détergents"

Aucune trace de sang n'a été retrouvée dans la chambre, toujours selon le procureur qui envisage une mort "par étouffement" et considère aujourd'hui que Nicolas Zepeda Contreras est, "plus que jamais, le suspect principal". Et Etienne Manteaux d'ajouter : "La thèse du meurtre prémédité est retenue."


"Il va être démontré que, dès le 1er décembre, il va se rendre dans une grande surface pour y acheter une boîte d'allumettes, cinq litres de produits inflammables, du détergent", a encore expliqué le procureur.

"Sans corps, c'est difficile de faire le deuil"

En juillet dernier, au micro de  nos confrères de France 3, le commandant de la police judiciaire de Besançon, Régis Millet indiquait avoir fait avec ses équipes "le maximum" sans pouvoir rendre le corps de la jeune femme à sa famille. "On a fait un gros travail de recherche sur le terrain. Il ne me parait pas utile de continuer parce qu’on a vraiment fait le maximum  (…) On est sur la thèse de l’assassinat. (…) Notre enquête nous a permis de trouver de nombreux éléments mais il nous manque le corps de Narumi. C’est surtout que pour la famille que j’ai une pensée", dit-il désolé. "Sans corps, c’est difficile de faire le deuil de son enfant..."


"Narumi a été tuée dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016", insiste Etienne Manteaux. Il rappelle lui aussi que des moyens considérables ont été mis en place pour retrouver le corps de la jeune fille. "Des plongeurs ont sondé la Loue, le Doubs, des élèves policiers ont été mobilisés pour de nombreuses battues. Malheureusement à cette heure, il n'a pas été retrouvé de traces du corps de Narumi Kurosaki. Aucun signe de vie n'a été donné après deux ans de recul", a précisé le procureur. 

Interroger le suspect au Chili

Un mandat d'arrêt international diffusé a été émis à l'encontre du jeune homme, "mais il n'a pas été mis en oeuvre par le Chili", a regretté Etienne Manteaux. Une commission rogatoire internationale va être envoyée "dans les prochaines semaines" afin que le magistrat instructeur chargé de l'affaire puisse interroger le suspect sur place. 


Désormais, la justice française envisage deux possibilités. "Soit la dénonciation officielle des faits pour qu’un procès se déroule au Chili, soit un procès par défaut devant une cour d’assises en France, en l’absence de Nicolas Zepeda", a détaillé le procureur. "Les investigations sont terminées en France et on passe à la phase diplomatique du dossier (...) Si le Chili refuse la venue d'un juge français, cela marquerait un manque de coopération évidente entre nos deux pays. C'est une option possible, mais peu probable à cette heure."

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