Disparition de Narumi : extradé, son ancien petit-ami mis en examen dès son arrivée en France

Le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki en 2016 à Besançon
Justice

ENQUETE - Extradé par le Chili, le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour assassinat vendredi soir à Besançon (Doubs). La jeune étudiante avait disparu en 2016.

Le Chilien Nicolas Zepeda, extradé par le Chili, a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire vendredi soir à l'issue d'un débat devant la juge des libertés et de la détention de Besançon. 

Cette procédure relance un feuilleton judiciaire qui tient en haleine les médias japonais depuis plus de trois ans et demi.  Un éventuel procès dans cette affaire ne se déroulera pas avant l'année prochaine, au mieux.

L'unique suspect

Nicolas Zepeda est l'unique suspect dans la disparition de Narumi Kurosaki, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Il a toujours nié avoir tué la jeune femme. L'étudiante japonaise de 21 ans vivait sur le campus universitaire de Besançon. Nicolas Zepeda était alors son ancien petit ami. Ils s'étaient rencontrés en 2014 lors d'un voyage au Japon. Ce fils d'un magnat des télécoms en était tombé éperdument amoureux et l'avait même présentée à sa famille.

 Selon l'enquête, peu avant la disparition de Narumi, les deux jeunes gens avaient toutefois pris leurs distances et l'étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie de Nicolas Zepeda qui se trouvait alors dans son pays. Selon les enquêteurs, ce dernier s'était rendu début décembre 2016 à Besançon pour y voir la jeune femme. Le soir du 4 décembre, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi. Plusieurs étudiants ont entendu "des hurlements de terreur, des cris", comme le rapporte le procureur. Mais "personne n'a prévenu la police". Depuis, plus de nouvelle. 

Des achats surprenants

Les enquêteurs découvriront que, après avoir atterri à Genève (Suisse) le 29 novembre 2016, Nicolas Zepeda ne s'est pas rendu immédiatement rendu à Besançon. Il a d'abord fait un crochet par Dijon, ville qu'il rejoint en Flixbus où il récupère une voiture de location réservée depuis le Chili. Le 1er décembre, il achète cinq litres de produit inflammable, d'allumettes, et d'un pulvérisateur de détergent, comme le révéleront les relevés de sa carte bancaire. 

D'après la géolocalisation de sa voiture de location, le 6 décembre 2016 à l'aube, le suspect s'était rendu dans une zone boisée, à l'est de Dole (Jura), où les enquêteurs pensent qu'il s'est débarrassé du corps. Malgré d’intenses recherches, le corps n'a jamais été retrouvé.

Une extradition rapide

Le procureur Etienne Manteaux s'était rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs. Sept mois plus tard, il avait annoncé que l'enquête était "close" et justifiait "la demande d'extradition de Nicolas Zepeda". Il se félicite aujourd'hui de la "rapidité avec laquelle la justice chilienne, en plus dans un contexte de Covid, a répondu à (la) demande d'extradition". 

L'ancienne procureure de Besançon Edwige Roux-Morizot avait évoqué à l'époque des faits un "profil envahissant et inquiétant" à propos du suspect. Celui-ci, dans un courrier envoyé aux autorités chiliennes, avait raconté être allé voir Narumi à Besançon début décembre 2016 et qu'ils s'étaient alors "rendu compte qu'ils étaient toujours amoureux". Il disait avoir passé une partie de la nuit du 4 au 5 décembre avec elle, mais affirmait être ensuite reparti seul. La famille de Narumi "espère qu'il aura une ligne de défense différente", "retrouver le corps de Narumi, c'est tout ce qui leur importe", avait déclaré leur avocate, Me Sylvie Galley, à l'annonce en mai de l'extradition du Chilien.

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Narumi était une étudiante brillante issue d'un milieu très modeste. Elle bénéficiait d'une bourse pour ses études au Centre linguistique appliqué (CLA) de Besançon. Le CLA a d'ailleurs rassemblé 4.500 euros de dons via une cagnotte en ligne afin d'aider financièrement la famille de la jeune femme à se rendre en France pour l'éventuel procès lequel, qui, quoi qu'il arrive, ne se déroulera pas avant l'année prochaine.

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