Dix mois de prison avec sursis requis à l'encontre du producteur Thomas Langmann, jugé pour "harcèlement moral" sur son ex-femme

Justice

JUSTICE – Le producteur de The artist comparaissait ce mercredi pour "harcèlement moral sur conjoint" envers son ex-femme, la journaliste Céline Bosquet. Le procureur a requis à son encontre une peine de 10 mois d'emprisonnement assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans. Le tribunal rendra sa décision le 17 avril.

Pendant plusieurs heures et pour la première fois depuis des mois, ils se sont retrouvés à quelques mètres l'un de l'autre. Ce mercredi, le producteur de cinéma Thomas Langmann était jugé pour "harcèlement moral sur conjoint" envers son ex-femme, la journaliste Céline Bosquet. 

A l'encontre du prévenu, le procureur a requis une peine de 10 mois d'emprisonnement assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans, obligation de soins et interdiction d'entrer en contact avec Céline Bosquet. Pour le représentant du ministère public, l'infraction est en effet caractérisée. Ce dernier s'est appuyé notamment sur centaines de SMS et emails envoyés et les quelques 12.000 communications établies en quelques mois entre le producteur et son ex-femme, mère de deux de ses trois enfants et avec laquelle il est resté cinq ans. 

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"Je voudrais juste que cela s'arrête"

La jeune femme aux longs cheveux bruns, mince et vêtue de noir, a raconté à la barre ce qu'elle dit avoir subi pendant des mois avant de porter plainte à l'encontre de son ex-mari. Elle a affirmé avoir été harcelée pendant de long mois, de jour comme de nuit. Non sans difficulté, elle a révélé certains mots contenus dans les messages envoyés, alors qu'elle était enceinte, par son conjoint. "Raclure", "psychopathe", "incapable", "merde humaine", "Niçoise à talons compensés"... "C'est ça le harcèlement, c'est tout ce qu'il a mis en oeuvre pour me détruire. Moi je n'en peux plus, je voudrais juste que tout cela s'arrête, a-t-elle insisté en pleurant. Quand j'ai déposé plainte c'est qu'il n'y avait plus d'autres moyens" (de stopper cela). Le harcèlement, c'est des rafales de messages." 

Céline Bosquet a également évoqué les addictions de son ancien conjoint,  la présence de produits ou de de "dealers à la maison". "Je suis anxieuse, il consomme de la drogue. Je ne suis pas partie pour rien" a-t-elle fait savoir au président. 

Son avocate, maître Carole Masliah a rappelé que sa cliente s'était vue prescrire "45 jours d'ITT".  "Pour des violences psychologiques, ça n'est pas rien. On parle d'un syndrome dépressif sévère", a-t-elle insisté. La robe noire est également revenue sur ce message du 7 mars 2018, de Thomas Langmann à sa femme. "Je vais essayer d'évacuer la haine que tu forges en moi et les envies qu'elle procure". Et s'il n'y arrive pas. Envie de quoi ? D'une déclaration d'amour ? Retrouvez-vous là le champ lexical de l'amour ?  s'est elle interrogée avant de demander 50.000 euros de réparation pour sa cliente. 

"Mes enfants, c'est tout ce que j'ai"

Veste et pantalon sombre, Thomas Langmann a confirmé à la barre avoir consommé de la drogue une partie de sa vie mais a contesté la présence de dealer à la maison ou encore l'usage de stupéfiants qui lui a été reproché en 2017 près de son domicile des Invalides. 

Son comportement, il l'a expliqué par le besoin de voir ses enfants et la peur qu'on les lui retire. "Dans mes messages, Il y a des propos injurieux, maladroits je ne le nie pas. Mais les textos injurieux c'est 8%. Le reste c'est des lettres d'amour. J'ai du mal à comprendre que l'on souhaite divorcer quand on a un bébé d'un mois et demi" a-t-il déclaré, regrettant la teneur de certains de ses messages et précisant "ne pas avoir le monopole des textos désagréables". 

"Les SMS injurieux? Je ne vois pas de malveillance, je vois la souffrance d’un homme qui a peur de ne plus voir son enfant", a plaidé maître Arnaud Metayer-Mathieu, avocat du producteur. "Les droits du père ont été bafoués. Ce sont les cris et les souffrances d’un père qui veut voir son enfant."

Le producteur a conclu en livrant ces quelques mots : "Je voudrais dire que je n’ai que mes enfants. Durant les six premiers mois de ma fille, je ne l’aie vue que quelques heures. Oui, j’ai écrit de longs messages. Si c’était long, c’est qu’il y avait beaucoup d’amour et de souffrance. Si je parle beaucoup de mes enfants, c’est parce qu’on m’a réellement enlevé mes enfants. A aucun moment je n’ai cherché à porter atteinte à sa santé [à Céline Bosquet] C’est la mère de mes enfants. Je la respecterai tout le temps."

La décision a été mise en délibéré au 17 avril, à 13h30.

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