Syrie : le premier "revenant" français libéré, d'autres vont suivre

Syrie : le premier "revenant" français libéré, d'autres vont suivre
Justice

TERRORISME - Le premier djihadiste français condamné à son retour de Syrie, Flavien Moreau, a été libéré ce lundi de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne). Plusieurs autres terroristes, dont les peines s'achèvent, devraient prochainement en faire autant.

Flavien Moreau est libre. Cet homme de 33 ans a quitté lundi la prison de Condé-sur-Sarthe, où il a purgé une peine de sept ans de prison ferme. Son crime ? Avoir répondu à "l’appel du djihad" en 2014, quittant la France direction la Syrie. Prévisible, la libération de celui qui restera comme le premier djihadiste français condamné à son retour du conflit syrien pose néanmoins la question du suivi des prochains "sortants".

A l'image de Flavien Moreau, ils sont quelques-uns à prochainement quitter les prisons françaises. "D’ici la fin 2021, 107 personnes (ndlr : condamnées pour terrorisme) seront libérées et en 2022, nous en aurons 147", avait ainsi détaillée au printemps dernier auprès du Monde Nicole Belloubet. En outre, 500 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme islamiste (TIS) et quelque 1.100 prisonniers de droit commun sont signalés pour radicalisation.

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Diverses obligations et interdictions

Pour les autorités, l'avenir de ces "sortants" constitue un défi. D'ici à 2022, 75 % des condamnés pour terrorisme auront en effet purgé leur peine, rappelait le journal L'Opinion en juin. A leur sortie, ils font l'objet d'un suivi de la part des services de renseignement. Concernant Flavien Moreau, sa sortie s'accompagne ainsi de diverses obligations et interdictions : il doit notamment résider à un endroit déterminé, recevoir des soins et avoir un emploi. Il lui est, en outre, interdit de détenir une arme ou de quitter le territoire sans autorisation. Ces mesures doivent durer 11 mois et 18 jours car elles sont assises sur les réductions de peine qu'il a pu obtenir quand il était en détention.

Quoiqu'il en soit, les libérations conditionnelles pour des personnes condamnées pour des faits de terrorisme sont rarissimes. Les détenus qui parviennent à l'obtenir sont suivis par des juges d'application des peines spécialisés dans l'antiterrorisme (Japat). Ces derniers peuvent, si la personne a été condamnée à une peine de prison égale ou supérieure à sept ans, et si le risque de récidive a été jugé élevé, être visées par des mesures de "surveillance judiciaire", tel que le port d'un bracelet électronique ou une injonction de soins. Quand les détenus sont libérés sans avoir bénéficié d'une réduction de peine, ils sont supervisés par la DGSI.

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