Djihadistes français jugés en Irak : des avocats dénoncent un déni de procès équitable et une perte d'informations sur l'EI

Justice
JUSTICE - Treize Français soupçonnés d'être des combattants de Daesh ont été remis aux autorités irakiennes et seront jugés "selon la loi irakienne". Des avocats dénoncent une procédure non respectueuse des droits de l'Homme et estiment que les services de renseignement français gagneraient à les interroger.

Depuis plusieurs semaines, la question des djihadistes étrangers est au coeur d'intenses discussions diplomatiques. Que faire de ces présumés terroristes ? Doit-on les rapatrier pour les juger dans leur pays d'origine ou les laisser sur place ? Chaque pays a sa propre stratégie ... et ses doutes. 


Si Donald Trump a appelé les pays européens dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne à traduire en justice leurs propres ressortissants, il a lui-même refusé le retour d'une Américaine capturée. La France, de son côté, ne sait pas non plus sur quel pied danser. Ce lundi 25 février, le destin de 13 Français a pourtant été scellé. Récemment remis aux mains des autorités irakiennes, ils "seront jugés selon la loi irakienne", a déclaré le président irakien Barham Saleh à l'issue d'un entretien avec Emmanuel Macron à l'Elysée.

De précieuses informations pour les services de renseignement français

Un "choix" rapidement dénoncé par les avocats des présumés terroristes. "On a toujours dit et c'est valable pour l'ensemble des Français là-bas, qu'il y avait une compétence prioritaire de la France", souligne Me William Bourdon, avocat de la djihadiste nantaise, Margaux Dubreuil, sur LCI. Et de mettre en avant deux arguments.


Premièrement, "si l'Irak était un pays qui respectait les grands principes du procès équitable, ça se saurait et on l'aurait vu", indique-t-il. Deuxièmement, "c'est une source inépuisable d'informations" pour les services de renseignement français, essentielle selon lui "pour dépatouiller un puzzle dont on a pour l'instant que quelques pièces."

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Des questions "resteront en suspens tant que ces personnes resteront en Syrie ou en Irak", regrette Me Brengarth

Un argument repris par Me Brengarth, avocat de la djihadiste nantaise, Margaux Dubreuil. Il serait inconcevable pour lui de "ne pas poser un certain nombre de questions (à ces djihadistes) pour comprendre les conditions de leur départ, pour comprendre ce qui a pu se dérouler sur place". "Ce sont des questions qui resteront en suspens tant que ces personnes resteront en Syrie ou en Irak", prévient-il.

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