Double meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986 : le non-lieu d'Henri Leclaire sera-t-il cassé ?

Double meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986 : le non-lieu d'Henri Leclaire sera-t-il cassé ?
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JUSTICE - La Cour de cassation va rendre ce mardi sa décision concernant le non-lieu dont a bénéficié Henri Leclaire pour le meurtre des deux petits garçons Alexandre Beckrich et Cyril Beining à Montigny-lès-Metz en 1986. Affaire dans laquelle est renvoyée devant les assises le tueur en série Francis Heaulme et pour laquelle Patrick Dils a été condamné avant d'être innocenté.

C’est un crime vieux de trente ans qui n’a toujours pas trouvé d’issue judiciaire. L’affaire de Montigny-lès-Metz  revient une nouvelle fois sur le devant de la scène ce mardi. La Cour de cassation doit en effet rendre sa décision concernant le non-lieu dont a bénéficié Henri Leclaire pour le meurtre de deux petits garçons, Alexandre Beckrich et Cyril Beining, le 28 septembre 1986 et dans laquelle le tueur en série Francis Heaulme est renvoyé en cour d’assises. 


Le 14 décembre dernier, lors de l'audience devant la chambre criminelle, l'avocat général avait estimé qu'une erreur de droit avait été commise dans la procédure. Rappel des faits : en 2014, au bout de deux jours d'audience, le procès de Françis Heaulme devant la cour d'assises de Moselle avait tout d'abord été reporté après les témoignages surprises de deux hommes mettant en cause un autre homme, Henri Leclaire, lui-même cité comme témoin. Un juge d'instruction avait alors été saisi d'une nouvelle information judiciaire. En dépit de ses dénégations, le témoin Leclaire, devenu suspect, avait été mis en examen et renvoyé devant les assises. La chambre d’instruction, qu'il avait saisie en appel, lui avait ensuite accordé un non-lieu le 7 juillet 2016.  Mais la mère d'une des victimes avait saisi la Cour de cassation. Lors de l'audience, le mois dernier, l'avocat général à la Cour de cassation a estimé qu'au lieu d'ouvrir une nouvelle information judiciaire, il aurait fallu rouvrir le dossier pour "charges nouvelles".

"Mon style, c'est l'Opinel", répète Francis Heaulme

La justice cassera-t-elle l'ordonnance de non-lieu ? Si la Cour de cassation suit les réquisitions de l'avocat général, une nouvelle chambre d'instruction pourrait être saisie. C'est alors reparti pour un tour. Celle-ci devra déterminer si Henri Leclaire doit être renvoyé dans le box des accusés aux côtés de Francis Heaulme. "On s'attend à tout, y compris à un rebondissement supplémentaire qui semble bien inutile pour la souffrance des familles et de mon client", souffle Me Hellenbrand, l’avocat d’Henri Leclaire, joint par LCI. Tout ce que sait mon client, c'est qu'il est innocent et que depuis plusieurs années, on le jette en pâture à l’opinion publique". Son nom dans le dossier de Montigny-lès-Metz n’est en effet pas nouveau. Il plane même depuis le début de l’enquête, l'ex-manutentionnaire ayant été le premier à avouer en 1986 le meurtre des deux garçons, massacrés à coups de pierre sur un talus SNCF où ils jouaient. Avant de se rétracter. Les enquêteurs avaient fini par le mettre hors de cause relevant des inexactitudes dans ses déclarations, et estimant, après reconstitution, que sa corpulence l'empêchait de monter sur ledit talus. 


Quelques mois après, c’est un adolescent de 16 ans, Patrick Dils, qui avouait à son tour les meurtres, avant lui aussi de revenir sur ses aveux. Patrick Dils sera ensuite le premier mineur condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989 et l'un des rares détenus français à bénéficier d'une procédure de révision, qui aboutira à son acquittement en 2002. La présence du tueur en série Francis Heaulme non loin du lieu du crime le jour des faits, avait été un élément clef de la procédure de révision et de cet acquittement. 


Mais le "routard du crime" a toujours nié le crime de Montigny, allant jusqu'à mettre en cause Henri Leclaire qu’il aurait vu "plein de sang" descendre le talus. "Moi, mon style, c'est l'Opinel et j’étrangle à mains nues. Montigny c’est pas moi !", a répété à l'envi Francis Heaulme qui a été condamné dans des dossiers où il a aussi tué à coups de pieds ou de pierres.

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Meurtre de Montigny-lès-Metz : Henri Leclaire aperçu couvert de sang au moment des faits ?

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