Drame de Millas : l'expertise technique pointe la responsabilité de la conductrice du car

Drame de Millas : l'expertise technique pointe la responsabilité de la conductrice du car

Justice
RAPPORT - "Le Parisien" dévoile les conclusions des expertises techniques dans le drame de Millas en 2017 qui a coûté la vie à six collégiens. Elles confirment un freinage d’urgence du car scolaire près de la barrière et exonère la SNCF.

Les conclusions des expertises techniques tendent à confirmer les premiers éléments de l’enquête : la responsabilité de la conductrice du car scolaire dans le drame de Millas (Pyrénées-Orientales). Selon Le Parisien qui  cite le rapport des deux experts  qui ont analysé le bus percuté par un TER en décembre 2017, "l’origine de cet accident provient d’un freinage tardif de la conductrice de l’autocar". Six collégiens avaient perdu la vie dans la catastrophe et 17 personnes avaient été blessées. 


Cette mère de famille de 46 ans avait été mise en mise en examen pour "homicides et blessures involontaires par imprudence" et placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de conduire. Elle a toujours affirmé que les barrières étaient levées au moment des faits et que ni le feu rouge du passage à niveau, ni la sonnerie d'alarme ne fonctionnaient. 

"Elle écrase la pédale de frein"

Selon les experts, "après avoir effectué sa délicate manœuvre d’insertion sur la Départementale 612 et après avoir accéléré jusqu’à 12 km/h, la conductrice de l’autocar […] se rend compte de la présence d’un obstacle devant son autocar et elle écrase la pédale de frein". Suivant leur raisonnement, ils poursuivent : "Le seul obstacle pouvant se trouver devant son autocar dans son couloir de circulation nécessitant d’écraser la pédale de frein est la présence de la barrière fermée du passage à niveau n°25." Lorsqu'elle freine, il est déjà trop tard. "Sur sa lancée, bien qu’elle soit en freinage, elle percute la barrière du passage à niveau qui se plie.", concluent-ils. 


Les témoignages des conducteurs du TER et des chauffeurs des véhicules qui se trouvaient de l'autre côté de la voie ferrée assuraient que la barrière était fermée. D’après Le Parisien, l’expertise technique réalisée sur les rames et le passage à niveau exonère également la SNCF, les experts n’ayant "pas identifié de cas de dysfonctionnement de ce PN (NDLR : passage à niveau) qui aurait pu conduire à une non-fermeture de barrière au moment du passage du train". 

Expertises médicales demandées

Le quotidien explique que la juge d’instruction a désigné deux experts médicaux afin de savoir si les somnifères pris par la conductrice depuis sept ans ont pu jouer sur son acuité visuelle ou auditive. Pour Jehanne Collard, l'avocate de trois familles de victimes, les responsabilités ne doivent pas se limiter à la seule conductrice du car. "Qui a laissé la vie de ces pauvres enfants entre les mains d’une femme qui prenait un puissant somnifère depuis sept ans et qui ne le cachait pas ?", s’interroge l'avocate dans un communiqué. 


Et d’énumérer les questions qui se posent dans cette affaire selon elle : "Pourquoi ni la préfecture, ni la société de cars ne se sont préoccupés des troubles de comportement, des absences que ce médicament pouvait provoquer ? Pourquoi, contre toutes les recommandations pharmacologiques, son médecin acceptait-il de lui renouveler ce somnifère automatiquement de trois mois en trois mois ? Pourquoi a-t-on supprimé depuis 2017 les contrôles médicaux pour les personnes qui ont la responsabilité quotidienne de gamins qui vont à l’école ?"


Au mois d’août, plus de huit mois après la collision mortelle et alors que l’enquête n’était pas bouclée, le passage à niveau de la route départementale 62 a été rouvert, provoquant la colère de certaines familles de victimes. 

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Collision mortelle entre un train et un bus scolaire à Millas

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