Elle espérait être indemnisée de 50.000 euros : un an de prison ferme pour une "fausse victime" des attentats de Paris

Elle espérait être indemnisée de 50.000 euros : un an de prison ferme pour une "fausse victime" des attentats de Paris

SUR PLACE - Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné ce lundi à un an de prison ferme une femme qui avait prétendu être une victime des attentats du 13 novembre 2015. Afin de toucher des indemnités, elle avait indiqué à la police qu'elle se trouvait au Carillon le soir des attaques.

Elle avait déposé plainte en décembre 2015, un peu plus d'un mois après les attaques de Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts et 413 blessés. Aux policiers du commissariat des Mureaux (Yvelines), elle avait déclaré qu'elle se trouvait le 13 novembre 2015 au soir au bar Le Carillon, dans le 10e arrondissement de Paris. Elle avait alors détaillé sa soirée, indiquant qu'elle avait été "soufflée par une explosion", qu'elle avait "entendu des cris", vu des "morts au sol" et "protégé son ventre" alors qu'elle était enceinte…  

Ses incohérences ont eu raison d'elle. A commencer par les faits. Laura, aujourd'hui âgée de 24 ans, a fait une énorme erreur à l'époque : parler d'une explosion au Carillon alors que l'attaque a été perpétrée à l'aide de fusils d'assaut ! La SDAT (Sous-direction anti-terroriste) avait donc récupéré le dossier et la jeune femme avait été interpellée en février dernier. Devant les enquêteurs de police, elle avait avoué avoir fait ça "pour l'argent" et avait évoqué le chiffre "50 000 euros", qu'elle espérait toucher du Fonds de garantie pour les victimes des actes de terrorisme.

"Excès d'hormones"

Ce lundi, elle comparaissait devant le tribunal correctionel de Versailles pour "dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entrainant des recherches inutiles", "faux dans un document administratif" et "tentative d'escroquerie". A la barre, la jeune femme brune, cheveux tirés en arrière,  vêtue en noir, a tout d’abord dit "regretter" son geste et a présenté ses excuses aux "vraies victimes". Elle a ensuite expliqué son passage à l'acte par des "excès d'hormones". 

Selon son avocat, Laura a fait des recherches sur Internet et regardé les informations pour trouver son inspiration. "La photo du bras blessé présentée aux enquêteurs comme étant le sien, elle l'a prise sur Internet, les détails qu'elle a donnés, aussi, sur Internet ou à la télévision…. Puis elle s'est plantée, en parlant d'explosion, elle a confondu le Bataclan et le Carillon". La prévenue a ensuite affirmé avoir voulu "revenir en arrière". Mais "c'était trop tard".  

Egalement condamnée pour exercice illégal de la pharmacie

 

Déjà condamnée en 2010 pour "dénonciations mensongères", en 2011 pour "conduite sans permis" et en 2012 pour "vols et escroqueries" (6 mois de prison), Laura a assuré ce lundi qu'elle ne recommencerait plus, alors qu'elle était également poursuivie, dans un dossier joint, pour "exercice illégal de la pharmacie". "Maintenant, j'ai réalisé ce que j'ai pu faire, c'est très grave. Il a fallu un choc émotionnel, un déclic, la naissance de ma fille. Aujourd'hui, même un euro, je ne le touche pas. Maintenant, vous n'entendrez plus parler de mon nom" a-t-elle lancé pour finir.

Le procureur n'a pas été convaincu par ces affirmations. Pour le dossier "pharmacie", il a requis deux ans de prison ferme à son encontre. Jugement du tribunal : 3 ans de prison, dont 18 mois avec mise à l’épreuve. Pour celui de la "fausse victime", le procureur a demandé 30 mois de prison. Jugement : un an ferme.

En vidéo

ARCHIVES - Juste après les attentats, les hommages aux victimes devant Le Carillon

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