Empoisonnements suspects dans des cliniques de Besançon : "C'était évident que mon père n'est pas mort par enchantement"

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ENQUÊTE - Un médecin anesthésiste a été mis en examen lundi pour sept faits d'empoisonnements volontaires dans deux cliniques de Besançon. Les juges d'instruction vont demander à des experts d'examiner désormais une quarantaine d'autres problèmes graves survenus pendant des opérations à Besançon.

L'affaire pourrait prendre une autre ampleur. Selon Christine De Curraize, vice-procureure de la République de Besançon citée par L'Est républicain, une "quarantaine d’autres cas, dont une vingtaine mortels", pourraient être ajoutés au dossier du médecin anesthésiste mis en examen lundi pour sept faits d’empoisonnements volontaires, dont deux mortels. L'enquête va être pilotée par deux juges d'instruction qui vont notamment faire appel à des experts judiciaires indépendants de l'Agence régionale de la santé, ajoute le quotidien régional.


Pour rappel, les sept victimes présumées ont reçu au cours de leurs opérations des "doses létales de substances", qui ont provoqué un arrêt cardiaque entre 2008 et 2017. Deux d'entre elles n'ont pu être réanimées : Damien, un homme de 53 ans décédé en 2008 pendant une ablation d'un rein et Laurence, une femme de 51 ans décédée en 2016 au cours d'une opération pour une fracture. 

Si c’est un acte criminel, il faut que celui qui a fait ça soit puni"Jacques, conjoint d'une victime

"Ça m’a fait un choc d’apprendre qu’on suspecte un acte volontaire, j’en ai eu des frissons, explique Nadia, la femme de Damien, citée ce samedi par L'Est-Républicain. Comment on peut jouer avec la vie des gens comme ça ? Bizarrement, je le vois aussi comme une chance car depuis, je n’ai pas eu de nouvelle de sa famille et j’espère savoir enfin ce qui s’est vraiment passé". 


De son côté, Jacques, le conjoint de Laurence, veut que justice soit faite : "Peu importe même si c’est dur, avec les avocats, on va aller jusqu’au bout. Si c’est un acte criminel, il faut que celui qui a fait ça soit puni". Les filles d'une des victimes ont immédiatement fait le lien lorsque l'affaire a éclaté. Leur père est mort en 2008 d'un arrêt cardiaque. "Moi depuis le départ, c'était évident que mon père était pas mort par enchantement, explique l'une d'entre elles aux caméras de TF1. C'était évident qu'on nous l'avait tué soit par erreur médicale, soit par tout autre chose. (...) On a cru que notre dossier était enfoui et on s'est rendues compte que des personnes travaillaient dans l'ombre d'arrache-pied."


Quant au praticien mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans la nuit de lundi à mardi, il "conteste fondamentalement tout empoisonnement que ce soit" et "dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer", explique son avocat Randall Schwerdorffer, interrogé par l'AFP. "Il n'est en cause sur rien à tritre d'infraction volontaire, ça peut aussi être lié à des erreurs de manipulation humaine, soutient l'homme à TF1. Qui a accès à ces solutés ? Je le redis, tout le monde a accès à ces solutés à la clinique de Besançon."

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Besançon : un anesthésiste mis en examen pour empoisonnement

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