En "craquage total", Jawad Bendaoud insulte les policiers : récit d'une audience sous haute tension

En "craquage total", Jawad Bendaoud insulte les policiers  : récit d'une audience sous haute tension

PROCÈS – Jawad Bendaoud, 30 ans, était jugé ce jeudi après-midi par le tribunal correctionnel de Bobigny aux côtés de Mohamed S. pour trafic de stupéfiants. Le prévenu, surnommé "le logeur" parce que soupçonné d'avoir hébergé des terroristes après les attentats du 13 novembre 2015 n'a été présent que quelques minutes dans le box avant d'être reconduit au dépôt puis placé en garde à vue. Le tribunal l'a condamné à 8 mois de prison ferme. Mohamed S., lui, a été condamné à 2 ans d'emprisonnement.

Son avocat avait assuré qu'il serait "présent" à l'audience. Jugé ce jeudi pour trafic de stupéfiants aux côtés d'un certain Mohamed S. rencontré en 2011 en prison, Jawad Bendaoud, 30 ans, a fait en effet une apparition brève mais remarquée devant le tribunal. 

 

"Monsieur refuse de sortir de sa cellule" glisse un policier à ses collègues tandis que  des cris sont entendus depuis le couloir qui mène au box. Après une suspension de quelques minutes, Jawad Bendaoud arrive finalement… Méconnaissable.  L'homme rendu célèbre après la diffusion d'une vidéo tournée le mercredi 18 novembre 2015 à Saint-Denis, cinq jours après les attentats de Paris et alors qu'on le soupçonne d'avoir hébergé des terroristes, est très différent de celui dans le petit écran.  Les cheveux gominés ont laissé place à un petit catogan, les lunettes rectangulaires ont disparu, le trentenaire est plus costaud et semble avoir pris quelques kilos. 

 

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Fils de pute, tu crois que je suis un terro', moi ?"- Jawad Bendaoud à un policier qui l'escortait

Outre le physique, la "naïveté" de cet homme affichée à la télé s'est transformée jeudi en véritable animosité : "Fils de pute, tu crois que je suis un terro, moi ?" lance  celui que  l'on surnomme "le logeur" affirmant avoir été frappé par des policiers qui l'amenaient dans le box. "Ils m'ont mis des coups de matraques. Toi, je vais te niquer. Dehors, quand tu veux, où tu veux", poursuit le prévenu. Et d'enchaîner : "Attends que je sorte, fils de pute. Je suis quoi moi, je suis Salah Abdeslam moi? Fils de pute!" L'audience reprendra sans lui. 

  

Pour le procureur de la République, les faits de trafic de stupéfiants sont bien établis. Il y a bien eu de la cocaïne transmise par Mohamed S. à Jawad Bendaoud à Saint-Denis, cocaïne que le logeur "cuisinait" ensuite pour en faire du crack. Le magistrat requiert 3 ans d'emprisonnement contre Mohamed S. assorts d'un mandat de dépôt, ainsi qu'une amende de 5 000 euros et une interdiction de séjour en Seine-Saint-Denis. A l'encontre de Jawad Bendaoud, il requiert, un an d'emprisonnement. 

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Les avocats de la défense ont eu beau répéter que ce trafic supposé n'était basé que sur des déclarations faites en garde à vue, qu'il n'y avait jamais eu d'investigation, que ni drogue, ni argent n'avaient été retrouvés au cours des perquisitions, le tribunal a condamné les deux prévenus. Pour trafic de stupéfiants, Mohamed S. a été condamné à 2 ans de prison ferme, et Jawad Bendaoud à 8 mois ferme. Entre temps, un nouveau rebondissement est venu perturber l'audience. 

 

Placé en garde à vue au commissariat de Bobigny

Pendant la suspension en effet, quelques minutes avant que la décision ne soit rendue, Jawad Bendaoud a été placé en garde à vue au commissariat de Bobigny pour "menaces", "outrages", et "apologie du terrorisme" suite aux insultes proférées à l'encontre des policiers. Aucune apologie du terrorisme n'a été entendue dans le box, en revanche, celle-ci aurait eu lieu dans "les sous-sols du palais", selon une source. 

 

Si elle a été levée aux alentours de 18 h 30, les avocats de Jawad Bendaoud ne comptent pas en rester là. Dénoncant une nouvelle fois les conditions de détention de leur client, à l'isolement à la maison d'arrêt de Villepinte depuis son placement en détention, ces derniers affirment que leur client "va très mal". "Il pète un plomb", "il fait un craquage total", indiquait Me Nogueras à LCI mercredi. Le conseil du logeur présumé a indiqué qu'à la suite de ce procès,  son client "portera plainte si des violences ont été commises sur lui". 

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Que savait Jawad Bendaoud au moment où il a prêté son appartement ?

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