Lynchage de Roms après des rumeurs d’enlèvements : jusqu'à sept mois de prison ferme requis

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Rumeur d’enlèvements d'enfants par des Roms : les ravages d’une intox virale

PROCÈS - Ce vendredi se tenait au tribunal de Bobigny le procès de six jeunes hommes originaires de Chelles (Seine-et-Marne), accusés d’avoir voulu prendre part au lynchage de Roms après que des rumeurs d’enlèvements d’enfants en Ile-de-France avaient été partagées sur les réseaux sociaux. Jusqu'à sept mois de prison ferme ont été requis. La décision est mise en délibéré au 14 juin.

Des fausses informations qui mènent au tribunal. Six jeunes hommes vivant à Chelles, en Seine-et-Marne, étaient jugés ce vendredi 31 mai pour de supposées violences contre des Roms. Des lynchages survenus en mars dernier, alors que des rumeurs d'enlèvements d'enfants avaient entraîné une vague de violences contre cette communauté. 

Six mois de prison avec sursis ont été requis contre deux des prévenus, dont le casier judiciaire est vierge, cinq mois de prison ferme contre trois autres, déjà condamnés pour violences en réunion, et enfin sept mois de prison ferme contre le sixième. En attendant la décision, qui sera rendue le 14 juin prochain, revivez cette audience dans les conditions du direct dans le fil ci-dessous :

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Ils voulaient "casser du Rom"

Le 25 mars, vers 20h, une soixantaine de personnes attaque un pavillon où se trouvent des familles de la communauté Rom. Munis de pelles, de pierres et de bâtons, pour se faire justice dans ce squat à Clichy-sous-Bois. Ils sont poussés par une légende urbaine qui, depuis quelques jours, enflamme les réseaux sociaux : des Roms kidnapperaient des enfants à bord d'une camionnette blanche. Face à cette menace totalement infondée, ils s'attaquent donc à cette minorité, malgré les forces de l'ordre et les médias qui martèlent que ces informations sont fausses.   

Au sein de ces vengeurs des réseaux sociaux, six individus originaires de Seine-et-Marne. Partis de Chelles pour se rendre à Bobigny, leur objectif était "de casser du Rom", comme le dénonçait le procureur de la République lors de leur comparution immédiate le 23 mars. Une équipe formée de personnes "ordinaires" mais avec "un fond de racisme", comme le décrivait alors le magistrat.  A l'époque, leur avocat avait plaidé la "crise de bêtise fulgurante aiguë". Car la plupart d'entre eux travaillent ou poursuivent des études. Selon L’Express, présent lors des comparutions immédiates, la majorité d’entre eux vivent encore chez leurs parents. Diplômés au moins du bac, ils sont décrits comme des "hommes au mode de vie 'stable'". C'est pourquoi le président du tribunal avait demandé à l'un d'eux : "Comment un manager s'embarque dans une telle histoire?" Une question à laquelle ils devront répondre ce vendredi. Âges de 23 à 27 ans, ils seront jugés pour "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences".

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En avril, trois individus ont déjà été condamnés à des peines allant jusqu'à dix mois de prison ferme. Parmi eux, un homme qui avait lâché son chien contre des Roms le soir des faits. Dans sa décision, le tribunal avait alors expliqué, en s’appuyant sur les témoignages concordants de trois policiers, que cette agression relevait d’une "envie d'en découdre presque bestiale". Si aucun Rom n'a déposé plainte, car, terrorisés, ils avaient quitté la ville, l’association La Voix des Roms, qui a recensé 38 agressions après la propagation de cette rumeur, s'est constituée partie civile. Elle réclame "l'élaboration et la mise en oeuvre rapide d'un plan national de lutte contre l'anti-tsiganisme profond qui gangrène notre société".

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