REVIVEZ - Violences, outrage et injures raciales : six mois de prison avec sursis requis contre Jean-Vincent Placé

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LIVE - Trois mois après son interpellation dans un bar parisien en état d'ébriété avancé, l'ancien secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé était jugé par la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, mercredi 11 juillet. Il a reconnu avoir eu un comportement "honteux" avec une jeune femme mais nie toute violence et tout racisme. Le jugement est mis en délibéré au lundi 10 septembre.
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Ce mercredi se tient depuis 14h45 le procès de Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d’Etat de François Hollande, suite aux incidents de la nuit du 4 avril 2018. En état d'ébriété, avec une alcoolémie mesurée à 2,3g d’alcool par litre de sang, l’homme politique avait été interpellé à la sortie d’un bar parisien suite à son comportement déplacé. Il sera jugé par la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour  "violences", "insulte à caractère racial" et "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Violences et insultes à caractère racial

Le 4 avril 2018, Jean-Vincent Placé passait la soirée rue Princesse, dans le bar-boîte de nuit La Piscine, dans le 6e arrondissement de Paris. Après avoir enchaîné les verres avec son ami, le sénateur de Haute-Savoie Loïc Hervé - pas mis en cause dans cette affaire -, les hommes invitent des jeunes femmes à danser et leur proposent de leur payer à boire. Devant leur refus, Jean Vincent Placé devient agressif. Dans la version livrée aux policiers par l'une d'elles, il lui aurait violemment saisi le bras et lui aurait dit : "Mais vas-y, je te paye". Lors de sa garde à vue, Jean-Vincent Placé a reconnu avoir "dû être insistant, car ça s’est mal passé", mais il dément avoir proposé de la rémunérer, et nie entièrement les accusations de violence.


Témoin de l'altercation, le portier de la boîte intervient et demande à l’ancien ministre de quitter l’établissement. L’homme politique profère alors une série d’injures : "On n'est pas au Maghreb ici, je vais te renvoyer en Afrique" ; "On n'est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions". Ou encore : "Le prix de ma chemise, cela fait un RSA complet pour ta famille". Perdant son calme, le portier le gifle. Pendant ses explications, Jean-Vincent Placé a contesté toute arrière pensée raciste. Selon ses avocats, il aurait maladroitement voulu "exprimer sa perception des relations hommes/femmes dans cette région du monde où le fait pour un homme d'inviter une femme à danser dans un établissement de nuit ou de lui offrir un verre pourrait être mal perçu".

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Jean-Vincent Placé placé en garde à vue

Outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique

Après avoir réussi à expulser Jean-Vincent Placé des lieux, le portier interpelle une patrouille anti criminalité passant justement à proximité. Le quinquagénaire ne se calme pas et invective alors les policiers : "Espèce de tocards", "Vous servez à rien !". L'ancien secrétaire d'Etat aurait également mis en avant son statut d'ancien ministre, répétant à plusieurs reprises "Tu ne sais pas qui je suis". Interpellé à 2h15, M. Placé est alors placé en garde à vue et n'en sortira que 34 heures plus tard. 

Dès le 5 avril, l'information fuite et Jean-Vincent Placé démissionne de la présidence de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE). Dix jours après les événements, il fait son mea culpa dans Paris Match. Il confie mesurer "la honte et l'indignité d'avoir été en état d'ébriété, d'avoir eu un comportement déplacé et inconvenant" et ajoute avoir pris conscience de son alcoolisme, maladie pour laquelle il se fait désormais suivre. Trois mois après les faits, il encourt jusqu’à quatre ans et demie de prison.

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