EN DIRECT - Procès des attentats de 2015 : l'émotion des rescapés et des proches de victimes de l'attaque à l'Hyper Cacher

EN DIRECT - Procès des attentats de 2015 : l'émotion des rescapés et des proches de victimes de l'attaque à l'Hyper Cacher
Justice

HISTORIQUE - Débuté pour deux mois le 1er septembre devant la cour d'assises spéciale de Paris, le procès des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et à l'Hyper Cacher se poursuit ce mardi. Suivez l'audience en direct.

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HYPER CACHER : L'ÉMOTION DES RESCAPÉS ET DES PROCHES DE VICTIMES


Les rescapés de l'attaque de l'Hyper Cacher ont revécu le huis clos sanglant du magasin de la porte de Vincennes. Les proches des victimes, eux, ont raconté les heures d'attente sans nouvelles avant la terrible annonce, le manque et le deuil impossible.

1H30 DE PERDU?


Me Coutant-Peyre: Vous avez été traité comme un suspect quand vous êtes sorti de l'Hyper Cacher. On vous a passé des menottes. On vous a placé dans une sorte de garde à vue dans une voiture, pendant 1h30. Pourtant vous expliquiez aux policiers que vous étiez un employé. Après on vous demande de faire le plan. N'est-ce pas une heure et demi de perdu pour sauver les otages? 

Lassana Bathily : je peux comprendre. Avant d'avoir les informations sur moi, ça prend du temps. Ils ont vu un noir rentrer dans le magasin. Ils m'ont fait comprendre pourquoi j'avais été arrêté, maltraité, et se sont excusés auprès de moi. Ils m'ont vraiment pris pour un complice mais même-moi si j'avais été à leur place, j'aurais peut-être fait la même chose. 

Me Coutant-Peyre: Vous êtes un homme tolérant monsieur. 

"ANNE HIDALGO NOUS A DIT HIER QU'ELLE AVAIT FOURNI LES PLANS !"


Me Szwarc, avocate de partie civile: "Vous nous avez dit que vous aviez dessiné les plans de l'Hyper Cacher. Les policiers avaient déjà des plans avant que vous ne leur en fournissiez? 

Lassana Bathily : non je ne pense pas. Sinon ils ne m'en auraient pas demandé je pense

Me Szwarc: Je vous pose cette question car hier Anne Hidalgo nous a dit qu'elle avait fourni les plans!"

"C'EST PAS LES TERRORISTES QUI VONT NOUS DIVISER"


Lassana Bathily : "Les gens doivent arrêter de dire que les musulmans et les juifs c'est des ennemis. C'est pas les terroristes qui vont nous diviser. Il faut qu'on se donne la main. On ne juge pas une personne sans la connaître, sur sa tête. Pour moi, la religion c'est privé. je rentre chez moi, je fais ma prière. Avant d'être musulman, juif, chrétien, athée, on est des humains". 

"LES TERRORISTES SONT LÀ POUR DIVISER"


Lassana Bathily: "Les terroristes ils sont là pour nous diviser, pour créer la haine entre les religions, les juifs les musulmans. Il y a eu des morts des blessés, mais nous on est plus fort, on continue de sortir, d'aller au bar. Ceux qui ont fait du mal, ce sont les terroristes, ce sont les ennemis de la République". 

"MÊME SI ON EST SOIGNÉ, LES CICATRICES ELLES RESTENT"


Lassana Bathily "Témoigner aujourd'hui c'est important pour moi, pour la mémoire des victimes, de Charlie Hebdo, du 11e, de Montrouge, de l'Hyper Cacher.  Pour nous aussi c'est important, pour sortir ce que l'on a à l'intérieur. Quand on sort des attentats, c'est comme une blessure. Même si on est soigné, les cicatrices elles restent; Ce procès, ça fait 5 ans qu'on l'attend".

"FONCTIONNAIRE POUR LE SERVICE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS"


Lassana Bathily "Après les attentats, la mairie de Paris m'a proposé de faire une formation". Il est aujourd'hui fonctionnaire pour le service de la jeunesse et des sports. 

"SURMONTER TOUT CA"


Lassana Bathily : "C'est mon entourage qui m'a permis de surmonter tout ça". Il indique que depuis la prise d'otages, il est souvent angoissé. "Quand j'ai eu mon nouvel appartement, la première chose que j'ai vérifié c'était les fenêtres, pour que je puisse sauter au cas où". 


Il a fait des cauchemars après ces événements. Le médecin qui l'a vu en avril 2015 dit au sujet de Lassana Bathily "qu'il vit quotidiennement dans une menace imminente,  qu'il a le sentiment d'être une cible. Il a une conduite d'évitement de certains lieux où ils se rendaient auparavant. IL a un état de stress post-traumatique". 


Lassana Bathily a été suivi deux mois. 'Après j'ai arrêté, j'avais la famille. j'ai fait des allers-retours entre le Mali et la France. (...) J'ai oublié de vous dire que deux ans après l'attentat, j'ai perdu mon petit-frère qui avait 19 ans, ça a été dur". 

"POUR NOUS MUSULMANS, LES JUIFS C'EST DES FRÈRES"


Le président: Vous êtes du Mali. On apprend qu'Amedy Coulibaly est de la même origine que vous. Il est musulman. Il a dit qu'il avait tué ces quatre personnes à l'Hyper Cacher parce qu'elles étaient juives. Vous vous viviez en bonne intelligence avec ces personnes là, vous étiez musulman, elles juives, il n'y avait pas de problème. 

Lassana Bathily : En ile-de-France, il y a une dizaine de magasins Hyper Cacher. Ils sont tenus par des musulmans. Pour nous musulmans les juifs c'est des Frères, sauf les personnes qui se trompent. On se respecte. L'Hyper Cacher, c'est comme Franprix, Monoprix, c'est ouvert à tout le monde il y a des chrétiens, des juifs, des musulmans. La personne qui a tué mon frère, Yohan, elle vient de mon pays, (le Mali), quand je l'ai su, ça m'a fait très mal. Amedy Coulibaly n'a pas eu la même éducation que moi, il est né et a grandi en France, pas moi. (....) Il a du être entouré par de mauvaises personnes, avoir de mauvaises fréquentations. J'ai toujours du mal à comprendre son attitude". 


Yohan Cohen et Lassana Bathily étaient très proches et s'appelaient "baba". 

"LA FRANCE M'A TOUT DONNÉ"


Lassana Bathily explique avoir fait une demande de naturalisation en 2014. Il obtiendra la nationalité après l'attentat. 

Il déclare à la cour : "Avant d'obtenir la nationalité française, je me voyais déjà Français. La France m'a tout donné. Aujourd'hui, je vais dans les écoles, je parle de mon parcours. Je veux que les jeunes qu'ils ont la chance d'être nés en France, d'être éduqués en France".

LES FORCES DE L'ORDRE AIDÉES PAR LASSANA BATHILY


Le président: Munies de ces informations (le plan fourni par Lassana Bathily notamment), les forces d'intervention sont rentrées dans le magasin

Lassana Bathily :C'est ça

"LES FORCES DE L'ORDRE VONT VOUS INTERPELLER ASSEZ VITE"


Le président; vous allez sortir du magasin par le monte-charge, seul. A l'extérieur, vous vous retrouvez face aux forces de l'ordre. Eux ne savent pas qui vous êtes. Un employé, un terroriste... Ils vont vous interpeller assez vite et vous allez être exfiltré. Au bout d'un heure, ils vont comprendre que vous n'avez rien à voir avec le terroriste au contraire que vous allez pouvoir les aider. Vous faites les plans de l'Hyper Cacher. Vous dites où sont les clés, récupérées auprès du directeur. 

"SAVEZ-VOUS S'IL Y A UN TERRORISTE OU PLUSIEURS?"


Le président : Vous allez voir Zarie Siboby (caissière) qui fait deux allers-retours pour dire aux gens de monter, ce que le terroriste voulait, mais personne ne le fait. 

Lassana Bathily: Oui. 

Le président: avez-vous proposé à des gens de vous suivre sur le monte-charge?

Lassana Bathily : Oui mais personne ne voulait parce que ça allait faire du bruit

Le président: savez-vous à ce moment s'il y a un terroriste ou plusieurs? 

Lassana Bathily: Non, moi j'ai pensé à Charlie Hebdo, aux deux frères Kouachi.

APRÈS L'ASSAUT


Après l'assaut, Lassana Bathily apprend la mort de son ami Yohan Cohen par une autre collègue. Trois autres personnes ont également perdu la vie.

"QUOi ? 20 TERRORISTES?"


Les policiers appellent Lassana Bathily quand il sort de l'Hyper Cacher 'J'ai montré mes mains pour montrer que j'avais rien sur moi. Les policiers me criaient: 'Arrêtez-vous. Arrêtez-vous! Mettez les mains sur la tête. J'étais en panique. J'ai montré mes mains. Ils m'ont mis par terre. Ils m'ont mis les menottes, brutalement, j'ai eu mal aux poignets. Ils m'ont fouillé, ils n'ont rien trouvé. Ils m'ont demandé : 'Vous êtes combien dans le magasin?' J'ai dit une vingtaine. Ils m'ont dit : 'quoi? 20 terroristes'. J'ai compris qu'ils m'avaient pris pour un terroriste. Ils m'ont gardé pendant une heure trente dans une voiture. J'ai répété tout ce temps-là que je n'étais pas un terroriste".


Il continue: "Ils ne savaient pas qu’il y avait un noir qui travaillait dans le magasin. Ils m’ont gardé pendant une heure 30 dans une voiture, je savais pas ce qui se passait, jusqu’à a ce que deux autres collègues ont confirmé que je travaillais bien à l’Hyper Cacher"


Finalement Lassana Bathily aidera la police, en dessinant notamment le plan du magasin.

"DANS LA VIE FAUT TENTER"


Lassana Bathily à la barre : "Dans la vie, faut tenter". Il emprunte le monte-charge et "fonce vers la porte de secours". "Mon idée quand je sors du monte-charge c'est de prendre le périphérique et d'aller à la station essence à côté sur le périphérique."

TÉLÉPHONE EN MODE AVION


Lassana Bathily propose de sortir en empruntant le monte-charge. "Ils ont préféré rester en bas". "J'ai proposé à ces personnes d'aller dans la chambre congélateur, en coupant le moteur. J'ai dit à ces personnes de mettre leur téléphone en mode avion". 

"SI VOUS MONTEZ PAS, IL VA FAIRE UN CARNAGE"


Lassana Bathily appelle des personnes à l'extérieur et tente d'alerter sur les événements dans l'Hyper Cacher. "Le terroriste a envoyé Zarie en bas. Elle nous dit : si vous montez pas, il va faire un carnage. Tout le monde posait des questions, les gens cherchaient des portes, des issues de secours. Ca devenait stressant". 

"NON LASSANA, C'EST PAS UN BRAQUAGE"


Lassana Bathily explique que des personnes sont dans la chambre froide, d'autres dans la salle congélateur. Puis Lassana Bathily voit le patron Samuel. Il dit :" mais qu'est ce qu'il se passe? C'est un braquage. Il m'a répondu : "non Lassana, c'est pas un braquage, il y a des gens qui sont tombés". 

"LES TERRORISTES SONT RENTRÉS DANS LE MAGASIN"


Puis Lassana Bathily descend des produits au sous-sol. Puis il voit "une foule de personnes qui se bousculait pour descendre, parmi laquelle une maman et son enfant". "J'ai vu tous les gens étaient rouges, J'ai dit : 'Mais qu'est ce qu'il se passe. Ils m'ont dit: les terroristes sont rentrés dans le magasin. Je leur disais de se calmer. "


Ils s'enferment dans la réserve. "J’ai tiré la porte de l’intérieur pour bien bloquer. J’entends dans l’escalier quelqu’un qui descend, j’ai ouvert discrètement pour savoir, j’ai vu Zarie qui m'a dit 'Lassana est ce que tu as les clés sur toi ?'" 

"JE DEVAIS FINIR À 13 HEURES CE JOUR-LÀ"


Lassana Bathily : "Le 9 janvier 2015, je suis arrivé le matin, avant Yohan (Cohen). On a ouvert le magasin, on est rentré. On avait fait une commande de surgelés. La commande est arrivée vers 12h20. On l'a mis dans les rayons avec Yohan". Lassana Bathily devait finir à 13 heures ce jour-là. 

"YOHAN M'A DIT QUE LES JUIFS ÉTAIENT MAL VUS"


Lassana Bathily : "Fin 2013, je suis parti au Mali. Quand je suis rentré, Yohan Cohen était là. Il avait été recruté. C'est devenu un ami, ça se passe très bien. Il aime la musique, le sport".


Lassana Bathily précise que Yohan lui avait dit que les juifs étaient mal vus. Il raconte qu'en sortant de l'Hyper Cacher, Yohan Cohen enlevait sa kippa, qu'il mettait une casquette, et qu'il retournait les sacs en plastique du magasin pour qu'on ne voit pas le logo."

"MOI JE SUIS MUSULMAN PRATIQUANT"


Lassana Bathily : "Ma directrice était arabe, elle a été mutée porte de Vincennes et m'a demandé de la suivre. Quand je suis arrivée porte de VIncennes. C'était un magasin juif. Moi je suis musulman pratiquant. Je faisais le ramadan, j'avais mon tapis de prière. Il n'y a jamais eu de problème. Tout se passe très bien.(...) Aucun souci au niveau de la religion. Pour moi, c'est le respect qui compte".

"J'AI ENVIE DE PARLER DE MON PARCOURS D'ABORD SI VOUS LE PERMETTEZ"


Lassana Bathily :" J'ai envie de parler de mon parcours d'abord si vous le permettez. Je suis arrivé en France en 2006. Mon père voulait que je vienne pour avoir une vie meilleure". Venu du Mali, il a fait les cours du soir pour apprendre le français, il a fait un lycée professionnel en carrelage mosaïque et obtient son CAP. 


Lassana Bathily joue aussi au foot. "En 2011, j'ai eu ma carte de séjour. J'ai commencé à travailler, petits boulots, restauration. J'ai une amie qui travaillait à l'Hyper Cacher. Il y avait des recrutements. J'ai déposé mon CV. Ils m'ont répondu en une semaine, un magasin devait ouvrir porte de la Villette. Quand je suis arrivé, ils m'ont dit de faire un mois  et demi d'essai, j'avais pas d'expérience dans le commerce, puis il m'ont proposé un CDI. J'étais motivé, présent".

LASSANA BATHILY


Lassana Bathily, né le 27 juin 1990, est à la barre. Il s'est constitué partie civile.Il était employé de l'Hyper Cacher en 2015.

L'AUDIENCE EST REPRISE

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue 15 minutes.

"LE PARDON, JE NE PEUX PAS"


Me Cechman, avocate de la famille Hattab, lit une lettre écrite par une autre soeur de Yoav Hattab. 

"Le pardon, je ne peux pas. J'ai une pensé pour toutes les victimes de l'islamisme radical qui tue et détruit (...) Vous êtes, tu es, vous êtes vraiment partis trop tôt"

"YOAV, CE HÉROS SANS BOUCLIER"


La petite sœur de Yoav  Hattab : "Yoav est allé au front, il a combattu pour tous. Venant de lui, cela ne m’étonne pas, il était toujours là pour les autres. (...)  L'histoire doit laisser place à Yoav Hattab, ce héros sans bouclier (...) 

"NOUS VIVONS LA SHOAH DANS UN HYPER CACHER"


La petite sœur de Yoav Hattab explique que le 9 janvier, quand elle a su qu'il y avait une prise d'otages, a essayé d'appeler son frère des dizaines de fois. 

"Il a juste eu le temps d' m'écrire un "Je t'aime" mais pas de me l'envoyer", indique-t-elle.


"En France en 2015, nous vivons la Shoah dans un Hyper Cacher".  

"PAIX À SON ÂME"


La petite sœur de Yoav est à la barre. Robe noire et blanche, cheveux longs, noir, elle déclare:  "Le 9 janvier est une date gravée dans notre cœur a tout jamais, c’est le jour où est parti Yoav, paix à son âme". 

Elle poursuit: "Aujourd'hui les complices sont là. La peine de mort a été abolie mais la perpétuité, pas vraiment (...) "

"JE DEMANDE LA JUSTICE"


Le papa de Yoav Hattab :"Je demande la justice pour les gens qui ont fait mal à mon fils. Ils m'ont déchiré. Je veux qu'ils prennent ce qu'ils méritent".

"FRANÇOIS HOLLANDE NOUS AVAIT PROMIS DES CHOSES, ON N'A RIEN EU"


Le papa de Yoav Hattab : "J'ai été reçu par monsieur François Hollande. Ils nous ont promis beaucoup de choses, la nationalité, j'ai rien eu, ils n'ont rien donné". 

PHOTOS DE YOAV HATTAB


A l'écran, plusieurs photos de Yoav Hattab, toujours souriant, sont projetées.

"MON FILS IL A PRIS UNE BALLE DANS LA TÊTE. IL AVAIT 21 ANS"


Le père de Yoav Hattab : Mon fils a pris une balle dans la tête, il avait 21 ans. Depuis, notre vie a changé. On a eu une période très difficile". J'ai vécu avexc les musulmans à Tunis, je ne peux pas oublier. Je ne supporte pas? Pourquoi la haine? Mon fils est rentré dans le magasin acheté une bouteille de vin ça lui a coûté la vie". 


Yoav Hattab est enterré à Jérusalem."J’ai perdu mon fils à l’âge de 21 ans mais je suis fier qu’il ait essayé de sauver ses frères français. Je suis fier." dit son papa. Il ajoute : "La communauté musulmane à Tunis, ils ont pleuré avec moi. Pour mon fils."

"C'EST EUX QUI ONT TUÉ MON FILS"


A la barre, monsieur Hattab le père de Yoav Hattab, assassiné à l'âge de 21 ans. Il a 9 enfants. Ill dirige une école juive à Tunis et est le rabbin des Tunisiens en France.. "Les gens qui ont encouragé avec l'arme Amedy Coulibaly, c'est eux qui ont tué mon fils. Mon fils a essayé de tuer Coulibaly mais malheureusement il ne sait pas utilisé la mitraillette. Mon fils est très courageux". 

"CET ATTENTAT NOUS A FRACASSÉS EN MILLE MORCEAUX"


La soeur de Michel Saada : "Cet attentat nous a détruits, fracassés en mille morceaux. Je voulais au début me protéger, me tenir à l'écart de l'instruction, du procès. Et puis je n'avais pas le courage non plus d'entamer les démarches. J'ai attendu le plus longtemps possible. Je n'ai rien fait pendant des années. (...) Finalement j'ai considéré qu'il était naturel de venir au procès.Pour mes enfants notamment. J'avais peur de regretter par la suite de ne pas l'avoir fait. Après des années de réflexion, nous nous sommes tous les trois, moi et mes enfants, constitués parties civiles car nous avons été impactés tous les trois".

Infos précédentes

Un procès "pour l'Histoire", hors normes et intégralement filmé. Du mercredi 2 septembre 2020 au mardi 10 novembre 2020, 14 accusés doivent répondre d'avoir apporté un soutien aux frères Saïd et Chérif Kouachi ainsi qu'à Amédy Coulibaly pour les aider à perpétrer les attaques perpétrées à la rédaction de Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hyper Cacher, les 7, 8 et 9 janvier 2015. 

Parmi eux, trois sont visés par un mandat d’arrêt international depuis leur fuite commune en Syrie dans les jours précédant les attaques : Hayat Boumeddiene, 32 ans, épouse d’Amedy Coulibaly, et les frères Mohamed et Mehdi Belhoucine, 33 et 29 ans. Parmi les onze accusés présents, un seul, Ali Riza Polat, 33 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité, pour complicité des crimes et délits commis par les trois terroristes, neutralisés par les forces de l'ordre à l'issue de trois jours d'horreur. 

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Dans l'enceinte du tribunal judiciaire des Batignolles, pas moins de quatre salles d'audience, une principale et trois pour les retransmissions, sont mobilisées pour pouvoir accueillir pas moins de 200 parties civiles, 94 avocats et 90 médias accrédités, dont une trentaine d'étrangers. Le public, lui, peut aussi assister à l'audience, depuis l'auditorium, également réquisitionné pour ces 49 jours de ce procès "pour l'Histoire".

Toute l'info sur

Le procès hors normes des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015

Suivez le procès des attentats de janvier 2015

Suivez le procès en direct dans le fil en tête de cet article grâce à nos journalistes présents sur place.

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