EN DIRECT - Procès des attentats de janvier 2015 : l'audience est suspendue car le principal accusé est malade

EN DIRECT - Procès des attentats de janvier 2015 : l'audience est suspendue car le principal accusé est malade
Justice

HISTORIQUE - Le procès des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et à l'Hyper Cacher se poursuit. Mais l'audience a été suspendue, ce mercredi après-midi, car Ali Riza Polat, le principal accusé qui encourt la perpétuité, "n'est pas en état de comparaître".

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LE PRINCIPAL ACCUSÉ MALADE


L'audience devait reprendre à 14h45 ce mercredi. Elle a débuté avec du retard. 

Le principal accusé en effet est malade. "Ali Riza Polat a vomi deux fois dans sa geôle, on attend les pompiers", nous disait-t-on avant même la reprise. 


A la reprise, le président  annonce : "L'audience va être suspendue. Ali Polat est malade. Il n'est pas en état de comparaître. Il va être renvoyé en maison d'arrêt pour être vu par un médecin. L'ensemble des accusés est renvoyé en maison d'arrêt. L'audience est suspendue jusqu'à demain 9h30 en espérant que l'on puisse reprendre demain à 9h30 avec Ali Riza Polat en état d'être là".

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue, elle reprendra à 14h45.

PRESSE


Me Pugliese, avocate de Miguel Martinez : M. Martinez a reconnu avoir déposé les armes chez Sandy C. 

Nabil Y.: quand bien même hein

Me Pugliese, avocate de Miguel Martinez : on en parlait dans la presse de cette histoire, d'Adbad et Martinez impliqués dans les attentats? 

Nabi Y.: Oui

Me Pugliese : Dès votre 2e audition vous dites avoir entendu que Martinez était radicalisé, dans la presse

"IL VENDRAIT MÊME SA MÈRE"


Me Margaux Durand-Poincloux, avocate d'Abdelaziz Abbad, interroge Nabil Y. sur le reste du sac, s'il sait ce que sont devenues les autres armes. Elle lui dit que  Teddy L. (un témoin qu'on a entendu à la barre il y a quelques jours) les a vendues. 

Nabil Y. :  "Vous me l'apprenez mais ça ne m'étonne pas. Mais le connaissant un toxico il vendrait même sa mère"

TAPIS ET KALACHNIKOV


Me Margaux Durand-Poincloux, avocate d'Abdelaziz Abbad: Sandy C. a dit qu'elle aurait vu enroulé dans un tapis sous son lit une kalachnikov. Vous avez parlé de cette arme longue, une arme cachée sous le lit. Vous vous souvenez?

Nabil Y.: je vois mal un tapis enroulé sous un matelas de lit. C'était un fusil de chasse dans un drap. Une kalachnikov j'aurais su la reconnaître. S'il y avait eu une kalachnikov, je l'aurais dit, tant pis pour aziz (Abbad). Aziz je le connais depuis qu'il est petit, lui c'est les stups; les stups les stups. Il fait pas dans les armes

"MA MORT SUR LA CONSCIENCE"


Le premier assesseur au témoin en visio : vous avez eu cette formule face aux enquêteurs "je vais tout vous dire, si je meurs vous aurez ma mort sur la conscience"

Nabil Y.: "moi j'ai jamais eu peur d'Aziz (Abbad). Miguel (Martinez) je le connais de nom. Au pire je risque quoi, une grande baffe dans la gueule, et alors, c'est la rue. On me ramène dans les sous-sol (de la SDAT) à Paris, on me dit que je suis là pour terrorisme. A un moment on dit n'importe quoi? J'avais le cerveau en vrac, le bide en vrac. On a l'impression d'avoir un couteau qui se promène dans l'estomac. (..) A un moment les enquêteurs ils aiment bien rajouter des choses, y'aurait eu dans le sac un sniper, des mitraillettes je sais pas quoi je l'aurais dit. 


Il ajoute : "mais on habite dans les Ardennes, des fusils de chasse, des 22 long rifle, y'en a partout"

"SAC D'ARMES"


Nabil Y. avait confirmé qu'à l'hiver 2014, alors qu'il "travaillait" pour Abdelaziz Abbad dans le trafic de stupéfiants, il avait amené ce dernier chez Sandy C. chez laquelle il "squattait ". le frère d' Abbad lui avait demandé si des armes pouvaient être entreposées chez Sandy C. Miguel M.  et Abdelaziz ABBAD l'avaient retrouvé devant chez Sandy C.avec un sac contenant des armes ; ils étaient montés tous les trois chez Sandy C. et le sac d'armes avait été caché sous la baignoire.


Le 1er assesseur interroge le témoin sur ce sac d'armes. 

Nabil Y. "Aziz m'a donné le sac, je me suis rendu compte que c'était pas du stup. Je lui ai dit :'t'es malade ou quoi. Dans le sac, y'avait des armes, un fusil de chasse et une carabine qui ressemble  à un 22 long rifle Le reste il était bon à jeter à la poubelle. Je m'y connais bien en armes, je joue aux jeux vidéos. Les autres armes elles étaient plus vieilles que mon père. "

Nabil Y. dit aujourd'hui : "les enquêteurs m'ont forcé à dire que c'était MIguel (Martinez) Je pouvais pas le dire. A ce moment-là je le connaissais que de nom".

Le 1er assesseur : aujourd'hui vous nous dites quoi? Que c'était Martinez ou pas? "

Nabil Y. : "je sais pas, je vous dit à l'époque je le connaissais que de nom. Pour moi c'était MIguel car c'était un mec costaud, et Miguel (Martinez) il est costaud"

"PETIT GARS DE LA CAMPAGNE ARDENNAISE"


Un témoin est entendu en visio. Il s'agit de Nabil Y. dont l'audition a été reportée plusieurs fois. "Comme beaucoup de témoins qui sont passés devant vous, je comprends pas ce que je fais dans une affaire pareille. Je connais très bien un des accusés, M. Abbad, et un autre, Miguel Martinez. j'ai fait 4 jours de garde à vue. La Sdat est venue me chercher violemment. Le petit gars de la campagne ardennaise (il se décrit), j'ai eu du mal à gober ce que me disaient les enquêteurs quand ils m'ont dit que j'étais là-dedans"".


"Adbelaziz Abbad, je sais pas ce qu'il fait dans ce dossier. il a rien à faire ici. omme Miguel, il a rien à faire ici. On m'a jamais dit que c'était un mec radical, qui faisait du trafic d'armes. On est des musulmans comme beaucoup de musulmans en France, on a grandi en France, on a été élevés en France, on a été à l'école en France. "

DOUTE SUR LA CONFRONTATION ENTRE ACCUSÉS


Dans le planning de la journée envoyé par mail ce mercredi matin à 6 heures par Régis de Jorna aux avocats, la confrontation entre accusés qui était prévue ce jour ne figure plus. Certains avocats pensent que le président de la cour d'assises spéciale  y a renoncée. D'autres indiquent que "ça n'est pas parce qu'elle n'est pas au planning qu'il n'y en aura pas". A suivre. 

PASSER OUTRE 


Le président précise que plusieurs témoins qui devaient être entendus ne le seront pas. Il demande à passer outre. Djamel Beghal est en Algérie, Abdelaziz S., d'abord mis en examen dans cette procédure avant de bénéficier d'un non lieu, "n'a pas de lien avec Makhouf"....

Infos précédentes

Un procès "pour l'Histoire", hors normes et intégralement filmé. Du mercredi 2 septembre 2020 au mardi 10 novembre 2020, 14 accusés doivent répondre d'avoir apporté un soutien aux frères Saïd et Chérif Kouachi ainsi qu'à Amédy Coulibaly pour les aider à perpétrer les attaques perpétrées à la rédaction de Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hyper Cacher, les 7, 8 et 9 janvier 2015. 

Parmi eux, trois sont visés par un mandat d’arrêt international depuis leur fuite commune en Syrie dans les jours précédant les attaques : Hayat Boumeddiene, 32 ans, épouse d’Amedy Coulibaly, et les frères Mohamed et Mehdi Belhoucine, 33 et 29 ans. Parmi les onze accusés présents, un seul, Ali Riza Polat, 33 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité, pour complicité des crimes et délits commis par les trois terroristes, neutralisés par les forces de l'ordre à l'issue de trois jours d'horreur. 

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Dans l'enceinte du tribunal judiciaire des Batignolles, pas moins de quatre salles d'audience, une principale et trois pour les retransmissions, sont mobilisées pour pouvoir accueillir pas moins de 200 parties civiles, 94 avocats et 90 médias accrédités, dont une trentaine d'étrangers. Le public, lui, peut aussi assister à l'audience, depuis l'auditorium, également réquisitionné pour ces 49 jours de ce procès "pour l'Histoire".

Toute l'info sur

Le procès hors normes des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015

Suivez le procès en direct dans le fil en tête de cet article grâce à nos journalistes présents sur place.

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