EN DIRECT - Procès des attentats de janvier 2015 : les plaidoiries des avocats des parties civiles se poursuivent

EN DIRECT - Procès des attentats de janvier 2015 : les plaidoiries des avocats des parties civiles se poursuivent
Justice

HISTORIQUE - Le procès des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et à l'Hyper Cacher se poursuit. Ce vendredi, les avocats de la partie civile poursuivent leurs plaidoiries.

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IMPARTIALITÉ


Me Antoine Comte : " En plus de tout cela, le procès est entré en collision avec l'actualité de façon violente : à la mi-octobre, un professeur de lycée a été assassiné. Dès le lundi matin, votre juridiction a pris un risque dangereux. Vous aviez raison comme citoyen de rendre hommage à cette victime. Mais au moment où vous jugiez des personnes qui auraient porté aide ou assistance à des crimes générés par des mêmes caricatures, vous avez pris un risque sur l'impartialité de votre juridiction. Nous savons que si ce procès et ses débats étaient cassés d'une manière ou d'une autre, les parties civiles n'auraient pas forcément le courage de revenir. Pour les parties civiles, c'est quelque chose d'extrêmement douloureux."

CAZENEUVE


Me Antoine Comte : "Quand nous avons demandé à entendre une personnalité politique (Bernard Cazeneuve) votre juridiction a estimé que ça n'était pas nécessaire. On avait entendu Mme Hidalgo.Elle a montré de l'empathie,  Mais quel rôle politique et décisionnel avait-elle? Quand je vous ai demandé d'interroger la seule personne au coeur du pouvoir décisionnel, vous n'avez pas voulu le faire. Des questions se posaient pourtant sur la levée du dispositif de sécurité et les dysfonctionnements.  Quand j'ai fait cette demande, le ministère public a fait une autre proposition; trouver des policiers des différents services pour expliquer certaines choses.  Tout ça n'a pas paru nécessaire. Cela n'a pas fait l'objet de réalisation de la part de votre cour. "

COMPRENDRE LES DYSFONCTIONNEMENTS


Me Antoine Comte : "Vous avez demandé à chaque victime ce qu'elles attendaient de ce procès. Chloé Verlhac (femme Bernard Verlhac, dit Tignous) vous a répondu : "J'ai besoin de comprendre les dysfonctionnements les levées de surveillance..parce que je vais devoir les expliquer à mes enfants". Vous n'avez pas fait ce choix". "

OU SONT LES JURÉS?


Me Antoine Comte , avocat de plusieurs victimes de Charlie Hebdo : "Ca n'est pas une histoire du peuple non plus que vous pouvez faire dans ce procès. l'ami de Fredo (Frédéric Boisseau assassiné le 7 janvier) a dit ici "on a oublié le peuple ici". Et ça rejoint ce que se demandent mes clients : "Où sont les jurés?". J'ai beau leur expliquer, mais l'incompréhension demeure. Nous avons l'exception qui consiste à mettre en place des juridictions spéciales. Moi je crois à la présence du peuple dans les audiences, à la nécessité pour la pédagogie que ce soit fait de cette façon là mais ça n'est pas le cas."

QUELLE HISTOIRE?


Me Antoine Comte : "il y a des moments où nous avons eu la gorge serrée, des moments où il ne fallait pas faiblir. Mais quelle histoire vous demande-t-on de faire? L'histoire officielle, qui a vu des chefs d'Etat aussi peut respectueux des libertés qui défilent tous derrière le président de la République et qui pour certains ne sont pas des modèles démocratiques. On ne veut pas non plus rentrer dans ce qui a constituer pendant des années la coalition contre Daech, sinon il faudrait aller au bout et rappeler que des J-Kurde ont été sacrifiés. "

Me ANTOINE COMTE 


Me Antoine Comte, avocat de  plusieurs victimes de Charlie Hebdo dont Philippe Lançon notamment, auteur du livre Le Lambeau, débute sa plaidoirie. "Vous avez à juger non pas uniquement des accusés, mais à prendre en considération qu'il s'agit d'assassinat politique. Ici aucun des accusés n'est poursuivi pour cela mais ces assassinats politiques sont au coeur de ce débat. En janvier 2015, il y a eu des assassinats politiques et des assassinats antisémites. A l'Hyper Cacher, des éléments semblent démontrer que les noms des personnes présentes ont été relevés en fonction de leur prétendue race, ethnie, religion. Vous aurez à rappeler ça il me semble, assassinat politique à Charlie, assassinat antisémite à l'Hyper cacher. Je suis avocats de parties civiles pour Charlie mais je tiens à ce que des vérités historiques soient dites"

COMPORTEMENT INADMISSIBLE


Le président demande à Miguel Martinez de se lever: "J'ai été destinataire d'un rapport d'incident vous concernant, au sujet d'un comportement hier vis à vis des services de police, de propos tenus à l'égard de femmes notamment qui vous escortent. Ce comportement est inadmissible monsieur. Vous avez tout intérêt à vous comporter correctement vis à vis de tout un chacun dans les salles d'attente et de défèrement. Je tenais à vous le signaler pour que ça ne se reproduise pas. Le parquet avisera"

L'AUDIENCE EST REPRISE

AUDITORIUM FERMÉ


Le public du fait du confinement ne peut plus assister aux audiences. L'auditorium est fermé depuis hier soir.

SUITE DES PLAIDOIRIES


Les avocats des parties civiles poursuivent leurs plaidoiries ce vendredi. 

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue, elle reprendra demain à 9h30.

NOMBREUSES MENACES DEPUIS LE DÉBUT DU PROCÈS


Me Thibault de Montbrial : Depuis le début du procès j'ai déposé plainte pour 25 faits de menaces de mort à l'encontre de Zineb El Rhazoui, dont 21 pour le seul mois de septembre.  Il n'y a pas que Zineb El Rhazoui  qui a été visée par des menaces, il y a des parties civiles (AQPA a diffusé le 10 septembre dans un communiqué des menaces contre la France et CharlieHebdo). 

Me Thibault de Montbrial ajoute qu'il y a moins 3 avocats pour lesquelles il y a eu des intimidations et des menaces de mort. "Voilà l'ambiance. Voilà la réalité de la vie de ceux qui sont engagés dans ce combat contre l'islamisme radical".

Me THIBAULT DE MONTBRIAL


Me Thibault de Montbrial, avocat de l'ancienne journaliste de Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui. "Zineb el Rhazoui est évidemment victime de l'attentat (elle n'était pas présente) (...). L'acte terrible des frères Kouachi visait la rédaction de Charlie Hebdo. Pour les terroristes, la ligne éditorial de Charlie Hebdo était intolérante. Le fait qu'elle n'ait pas été présente n'enlève en rien le constat de ce qu'elle était visée"

Me ERIC BARBOLOSI


Me Eric Barbolosi, avocat de Jérémy G., collègue de Frédéric Boisseau, qui est venu à la barre au début de ce procès débute sa plaidoirie. "Qu'est ce qui peut guider ces gens? interroge-t-il en évoquant les Kouachi et Coulibaly, Aqpa et l'Etat islamique.

Me JEAN REINHART


Me Jean Reinhart, avocat de la compagne de Frédéric Boisseau notamment : "si vous allez du côté de Fontainebleau, allez à Villiers-sous-Grez, et vous trouverez la maison construite par Frédéric Boisseau."

"Pour elle (Catherine G. compagne de Frédéric Boisseau) Frédéric Boisseau a rééxisté un instant à auprès de tous à ce procès. Ce nom n'est plus un nom sur une plaque, à côté des noms de ses compagnons d'infortune de ce 7  janvier 2015"

Me Reinhart : "Catherine elle sait bien que rien ne serait arrivé si ce réseau d'hommes aux parcours incertains ne s'étaient pas agglutinés pour commettre cette oeuvre mortifère". 


Me Reinhart finit sa plaidoirie avec Le Dormeur du Val d'Arthur Rimbaud: 

"C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.


Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.


Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."

Me VALERIE BOISGARD


Me Valérie Boisgard, avocate de la famille de Frédéric Boisseau, responsable d'opération chez Sodexo, "premier tué le 7 janvier 2015, dernier autopsié et dernier enterré". 

"Il a été tué en moins de 10 secondes vers 10h30 mais n'a été autopsié que le 9 janvier à 16 heures". L'avocate évoque "l'ordre d'importance des victimes" et précise c'est un peu la thèse de mes clients".

Frédéric Boisseau a été tué d'une balle de Kalachnikov tirée par Cherif Kouachi.

"Mes clients veulent juste que Frédéric Boisseau compte autant que les autres", précise l'avocate. 

Me Valérie Boisgard :"Mes clients se sont rendus à toutes les commémorations rue Nicolas Appert" (...) Elle explique que tout ramène ses clients à ce 7 janvier 2015, "ce jour maudit".

L'un des voeux les plus chers des parents et du frère aîné de Frédéric Boisseau, tué à l'âge de 42 ans : Parler de lui pour qu'on ne l'oublie pas.

Me Valérie Boisgard, avocate de la famille de Frédéric Boisseau sur les attentats :"les loups solitaires ça n'existe pas". "comment expliquer que le 1er cercle, ceux qui ont côtoyé les terroristes quelques jours avant les attentats n'aient pas pu voir leur radicalité et ignorer leurs projets?", interroge la robe noire.

"NEZ A NEZ AVEC LES TERRORISTES"


Une autre avocate de la partie  civile débute sa plaidoirie. "M. C (son client)  n'est pas juif, ce n'est pas un journaliste,  pas policier,  pas un instituteur, c'est un ouvrier qui travaillait dans un atelier près des locaux de Charlie Hebdo. 'il s'est retrouvé nez à nez avec les terroristes, l'un le braquant avec son arme, l'autre lui demandant de façon incessante où était les locaux de Charlie."

L'avocate indique que son client a longtemps travaillé avec l'armée et s'est rendu compte que ces armes n'étaient pas des fausses mais que c'était bien des armes de guerre.


"Sa vie depuis les faits est un enfer, une lutte permanente pour ne pas s'effondrer et pour survivre. Depuis près de 6 ans il fait le même cauchemar, il rêve qu'il est pris à partie et qu'il ne peut s'enfuir."

Me GERARD ZBILI


Me Gérard Zbili, avocat de la partie civile : "Les parties civiles que nous représentons ont ceci de commun de ne pas avoir ou d'avoir su que les locaux de Charlie Hebdo étaient ici. Au matin du 7 janvier, ces travailleurs du quotidien qui savent peut-être ou peut-être pas qu'une rédaction est ciblée depuis longtemps". 


Sa cliente s'était retrouvée face aux frères Kouachi quand les terroristes se sont trompés de locaux, le 7 janvier 2015 alors qu'ils recherchaient les locaux de Charlie Hebdo.  


"Le 7 janvier au petit matin ,un écrivain célèbre était l'invité d'une matinale; il venait d'écrire ce qu'il décrivait comme une politique fiction. Soumission, récit d'une société qui de renoncement en renoncement a fini par renoncer à elle même. Faisons en sorte que ce livre reste de l'ordre de la fiction. Que le pitch d'un roman  (Soumission de Michel Houellebecq)ne devienne pas réalité"

Me FRANCK SERFATI  POUR LES ASSOCIATIONS BNVCA ET  VIGIL’ANCE 


Me Franck Serfati pour les associations BNCVA (bureau national de vigilance contre l'antisémitisme) et VIGIL’ANCE (association Anti-Raciste) :"La véritable réparation des victimes que nous représentons c'est celle de la justice rendue à travers des condamnations sévères. Nous comptons sur cette condamnation qui sera la réparation la plus fondamentale pour les victimes".

Me AUDE WEILL-RAYNAL POUR AVOCATS SANS FRONTIÈRES


Me Aude Weill-Raynal pour avocats sans frontières: "après les plus jamais ça, comment est-il possible que nous ne l'ayons pas vu venir (...) ".


"On vient de vous rappeler les mots de Dieudonné en janvier 2015: 'Je me sens Charlie Coulibaly'. Comment ne pas se souvenir comment nous avons poursuivi sans relâche Dieudonné". 

Me Aude Weill-Raynal demande à la cour "une réponse exemplaire" pour dire "ils ne passeront pas".

PROJET CRIMINEL


Me Muriel Ouakine Melki pour l'association France Israël:  "Le projet criminel est toujours là dans le box, bien au chaud. Le projet criminel de ceux qui sont dans le box se reconstruira ailleurs, quand ils sortiront".

Me MURIEL OUAKNINE MELKI POUR L'ASSOCIATION FRANCE ISRAËL


Me Muriel Ouakine Melki pour l'association France Israël: "Cette guerre déclarée depuis plus de 20 ans, combien d'audience depuis plus de 20 ans à hurler notre solitude face à l'antisémitisme... (...) "Lorsqu'on s'attaque aux juifs, c'est à la République toute entière que l'on s'attaque"

ME OUDY BLOCH POUR L'ASSOCIATION FRANCE ISRAËL


Me Oudy Bloch pour l'association France Israël : "Au lendemain des attaques terroristes, tout le monde n'était pas Charlie. Un soi-disant humoriste (Dieudonné) tweetait :'Je suis Charlie Coulibaly'"

ME JEAN-LOUIS LAGARDE POUR LE MRAP


Me Jean-Louis Lagarde pour le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)  :"aucune croyance ne peut justifier que l'on porte atteinte à la vie d'un homme (...) dans ces religions, Dieu est amour". 


"Les assassins frappent maintenant tous les jours", poursuit l'avocat.

ME KALTOUM GACHI POUR LE MRAP


Me Kaltoum Gachi plaide pour le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) : "Le MRAP n'a jamais cessé de lutter contre l'antisémitisme"

UN CRIME ATROCE


Me Ivan Terel, avocat de SOS RACISME, de l'UEJF  et du CRIF  cite Badinter : "Tuer un être humain à cause de sa religion ou de son origine est en soi un crime atroce. Atroce parce que c'est une qualité inhérente, ce n'est pas au regard de l'action qu'il a commise, c'est l'expression la plus barbare du racisme ou du antisémitisme. [...] Quand vous dites : 'parce que tu es né comme ça, je te tue !' On ne peut pas aller plus loin dans la dégradation humaine."

ARMES ET EXPLOSIFS


Me Ivan Terel, avocat de SOS RACISME, de l'UEJF  et du CRIF   : "lIntention de Coulibaly : tuer tout le monde dans l'Hyper cacher, mourir en martyr et tirer dès qu'il arrive dans l'hyper cacher, avec un sac rempli d'armes et d'explosifs. Il a été dit devant votre cour que si ces explosifs avaient été utilisés, c'est tout le bâtiment qui sautait. Pourquoi ces explosifs? C'est évident ici, le projet était d'aller plus loin. Quand Coulibaly rentre dans l'Hyper Cacher, il commence à mettre son plan en oeuvre, celui de mourir en martyr"

VISÉS PARCE  QUE JUIFS 


Me Ivan Terel, avocat de SOS RACISME, de l'UEJF  et du CRIF  :  "Le motif antisémite. Coulibaly a dit aux journalistes qu'il visait des juifs. A l'hyper cacher, des hommes et des femmes ont été visés parce qu'ils étaient juifs"


"Son crime s'inscrit dans une idéologie islamiste radicale"

SOLDATS ET CRIMINELS


Me Ivan Terel, avocat de SOS RACISME, de l'UEJF  et du CRIF  : "Les terroristes des 7, 8 et 9 janvier ont voulu se faire passer pour des soldats et non pour ce qu'ils sont en réalité, des criminels"

VACUITÉ


Me Ivan Terel, avocat de SOS RACISME, de l'UEJF  et du CRIF  : "Ce qui frappe dans le discours terroriste c'est sa vacuité, Hannah Arendt écrit "C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal".

IVAN TEREL


Me Ivan Terel, avocat de SOS RACISME, de l'UEJF et du CRIF  "Ceux qui ont inspiré, préparé (...) et armé ces attentats ont souhaité voir notre pays en lambeaux, pourtant le peuple français tient bon et la République se tient". 

YAEL SCEMAMA, AVOCATE DE LA LICRA


Me Yaël Scemama, autre avocate de la Licra : "La Licra est Charlie, elle sera toujours Charlie. Elle condamne toutes les atteintes à la République et ses symboles. "


Elle cite Pierre Perret, "La Bête est revenue"

"Attention mon ami je l’ai vue

Méfie-toi la bête est revenue

C’est une hydre aux discours enjôleurs

Qui forge un’ nouvelle race d’oppresseurs

Y a nos libertés sous sa botte

Ami ne lui ouvre pas ta porte"

COLÈRE


Me Galina Elbaz, avocate de la Licra:  "Nous aussi nous avons de la colère mais la notre n'est pas une colère assassine. "

HAINE DU MÉCRÉANT


Me Galina Elbaz, avocate de la Licra:  "Vos proches étaient des dessinateurs, des journalistes, des policiers, des agents d'entretien, des individus nés juifs. Ils sont été assassinés lâchement, méthodiquement (...) Le bras armé du terrorisme mène une guerre à notre cervelle, à l'intelligence. C'est la haine du mécréant à l'état brut"

GALINA ELBAZ POUR LA LICRA


Me Galina Elbaz, avocate de la LIcra: "Ce procès c'est le procès de la liberté fait à la terreur islamiste (...) Nous nous garderons en mémoire l'immense dignité des victimes"

74 PLAIDOIRIES


Me Claire Josserand-Schmidt avocate de l'AFVT : "74 plaidoiries de parties civiles sur 4 jours, c'est beaucoup. Et alors? Aucune victime n'a choisi d'être ici dans cette salle d'audience. 4 jours pour 17 morts et des blessés et des familles inconsolables. Plus de 4 jours n'aurait pas été indécent pour parler des victimes"

PLEURER L'ETRE AIMÉ


Me Claire Josserand-Schmidt avocate de l'AFVT : "Les victimes nous avons essayé de comprendre leurs drames, nous avons essuyé leurs larmes. Tous nos clients ont déjà payer un prix, le prix le plus cher, ils vont pleurer à vie l'être aimé. "

ME JOSSERAND SCHMIDT POUR L'AFVT


Me Claire Josserand-Schmidt avocate de l'Association française des Victimes du Terrorisme est la première à plaider. Elle évoque les attentats de la rue Nicolas Appert, la décapitation de Samuel Paty et l'acte commis à Nice ce matin. "Une histoire qui en réalité n'en finit jamais de se répéter". 


"La terreur veut nous faire plier… il nous faudrait renoncer au long contrat qui a mis fin au lien entre la religion et l’Etat. C’est à notre longue histoire que le terrorise islamiste nous demande de renoncer dans le sang."

L'AUDIENCE EST REPRISE

PLAIDOIRIES


L'audience va reprendre avec les plaidoiries des avocats des parties civiles.

AUDIENCE SUSPENDUE


Le président : "on peut considérer que l'instruction proprement dite est terminée. On reprendra à 15 heures avec le début des plaidoiries des parties civiles"

CAHIER DISPARU



Me Coutant-Peyre évoque à nouveau son cahier de notes qui a mystérieusement disparu de la salle d'audience après plusieurs jours de procès. Elle indique en avoir besoin, notamment pour sa plaidoirie, et aimerait bien savoir où il se trouve. 

Le président à Me Coutant-Peyre:  "Je pense qu'il ne sert qu'à vous, c'est pas comme si une liasse de billets avait disparu. Tout a été fait, il n'a pas été trouvé. On cherche encore".

RAMDANI 


Me Saint-Palais lit un rapport sur son client Amar Ramdani. Ce rapport indique que Ramdani n'est pas ras radicalisé;

RADICALISATION


Me Pugliese, avocate de Miguel Martinez, lit le rapport du quartier d'évaluation de la radicalisation. "Ca me semble important car la radicalisation de M. Martinez est un élément retenu à charge". 

Le rapport fait état d'une "pratique modérée de la religion". "M. Martinez ne présente pas de risque de radicalisation violente"

GABIN D.


Me Apelbaum  donne à son tour lecture d'une déposition, celle de Gabin D. Gabin D. a reconnu avoir acheté deux armes à Nabil Y., une arme de poing 22LR et une carabine 9mm « qui avait un petit puits de chargeur qui pouvait contenir 6 cartouches » et dont Nabil YA. lui avait dit qu'il s'agissait d'une mitraillette, mais qui en réalité tirait au coup par coup.

Me Apelbaum prévient qu'il a deux pages à lire et débute sa lecture. 

AUDITIONS


Me Coutant-Peyre lit des extraits des dépositions de  Christophe D. en face du juge d'instruction.Elles concernent le volet armes lillois.

SOEUR D'HAYAT BOUMEDDIENNE


Le premier assesseur lit des extraits de la déposition de 3 pages d'une des soeurs d'Hayat Boumeddiene, Keltoum. "Elle n'écoutait plus de musique, je ne sais pas comment elle s'est extrêmisée dans notre religion".  "Elle a mis toute notre famille dans la merde"

Elle avait été entendue le 28 avril 2015.

FUSIL D'ASSAUT, KALACHNIKOV


A la demande de Me Barré , avocate de la partie civile, les photos des armes utilisées par les frères Kouachi ou retrouvées sur site sont projetées sur grand écran.


Les frères Kouachi lors de leur neutralisation étaient en possession notamment de deux fusils d'assaut de marque ZASTAVA (fusils d'assaut de type KALACHNIKOV, version yougoslave de l'AKMS soviétique, fabriqués respectivement en 1987 et en 1983), de deux pistolets à répétition semi-automatique de marque ZASTAVA, modèle M57, ou encore d'un lance-roquette à usage unique de marque RBR 64 MM. 

Le matériel  des frères Kouachi provenait d' ex-Yougoslavie, mais n'était pas traçable  (contrairement aux armes d' Amedy Coulibaly, venues de Slovaquie mais passées par Claude Hermant). 


Me Barré: "il me semblait intéressant d'avoir connaissance de ce rapport qui fait état d'armes anciennes, rouillées, mais en parfait état de marche".

Infos précédentes

Un procès "pour l'Histoire", hors normes et intégralement filmé. Du mercredi 2 septembre 2020 au mardi 10 novembre 2020, 14 accusés doivent répondre d'avoir apporté un soutien aux frères Saïd et Chérif Kouachi ainsi qu'à Amédy Coulibaly pour les aider à perpétrer les attaques perpétrées à la rédaction de Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hyper Cacher, les 7, 8 et 9 janvier 2015. 

Parmi eux, trois sont visés par un mandat d’arrêt international depuis leur fuite commune en Syrie dans les jours précédant les attaques : Hayat Boumeddiene, 32 ans, épouse d’Amedy Coulibaly, et les frères Mohamed et Mehdi Belhoucine, 33 et 29 ans. Parmi les onze accusés présents, un seul, Ali Riza Polat, 33 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité, pour complicité des crimes et délits commis par les trois terroristes, neutralisés par les forces de l'ordre à l'issue de trois jours d'horreur. 

Lire aussi

Dans l'enceinte du tribunal judiciaire des Batignolles, pas moins de quatre salles d'audience, une principale et trois pour les retransmissions, sont mobilisées pour pouvoir accueillir pas moins de 200 parties civiles, 94 avocats et 90 médias accrédités, dont une trentaine d'étrangers. Le public, lui, peut aussi assister à l'audience, depuis l'auditorium, également réquisitionné pour ces 49 jours de ce procès "pour l'Histoire".

Toute l'info sur

Le procès hors normes des attentats de janvier 2015

Suivez le procès en direct dans le fil en tête de cet article grâce à nos journalistes présents sur place.

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