Procès Fiona : audience suspendue après un incident entre Cécile Bourgeon et le père de la fillette

JUSTICE - Ouvert ce lundi, le troisième procès dans la mort de la petite Fiona, disparue le 12 mai 2013 et dont on n'a jamais retrouvé le corps, se déroule sous haute tension. Cécile Bourgeon, la mère condamnée à 5 ans de prison en première instance, et Berkane Makhlouf, son ex-compagnon condamné à 20 ans de réclusion pour avoir porté des coups fatals, affirment leur innocence.
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"Moi, jamais, jamais de ma vie, je n'ai frappé mes enfants"? Voilà ce qu'a lancé Cécile Bourgeon, d'un ton péremptoire, lors du premier jour d'audience, lundi, visiblement prête à en découdre lors des deux semaines de procès . "J'étais suivie par la PMI (service de protection maternelle et infantile, ndlr), les assistantes sociales. On me félicitait à chaque fois de leur bonne éducation car elles étaient admirables, polies. Personne ne m'a jamais vue frapper Fiona", a poursuivi la jeune femme de 30 ans, mère de deux autres enfants.


"Je maintiens et je redis : je n'ai pas porté les coups mortels sur Fiona", a insisté l'accusée vêtue d'une tenue noire moulante, dont la frange blonde peroxydée masquait en partie son visage pâle. La cour a entendu les mêmes dénégations de son ex-compagnon Berkane Makhlouf, 36 ans, qui n'accepte pas le verdict rendu en première instance par la cour d'assises du Puy-de-Dôme - elle l'avait condamné à 20 ans de réclusion contre cinq ans de prison pour la mère, reconnue coupable d'avoir fait croire à un enlèvement de la fillette mais acquittée des faits criminels.

"J'ai été anéanti par la peine que j'ai reçue. Cécile avait reconnu que je n'avais pas porté de coups à Fiona, ils m'ont condamné quand même", a déploré l'accusé, emmitouflé dans un épais pull gris et tendu. "Fiona, je serais incapable de lui faire du mal. J'aime (mes enfants). J'espère que ce procès va bien se dérouler et que je ne vais pas subir d'injustice (...) Ce n'est pas parce que (Cécile Bourgeon) a parlé la première qu'elle a raison", a ajouté cet homme au visage glabre. Interrompant de manière intempestive le président de la cour, Etienne Fradin, il a assuré notamment avoir "tenté de réanimer" la fillette.

Le premier procès, en 2016 à Riom, n'avait pas permis de faire la lumière sur la mort de Fiona, que les accusés disent avoir enterrée dans la nuit du 12 au 13 mai 2013 dans une forêt des alentours de Clermont-Ferrand mais dont le corps n'a jamais été retrouvé. Les deux anciens toxicomanes s'étaient rejeté la faute ou avaient avancé l'hypothèse d'un accident. En octobre dernier lors d'une première audience d'appel, les débats n'avaient pas plus avancé quand une passe d'armes - ou querelle d'égo - entre avocats avait fait capoter le procès devant cette même cour d'assises de Haute-Loire.


Et lundi, la stratégie de défense des accusés n'a donc pas varié.

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