Voiture de police incendiée : le tribunal rendra sa décision le 11 octobre prochain

Voiture de police incendiée : le tribunal rendra sa décision le 11 octobre prochain

PROCÈS - Vendredi dernier, le parquet a requis vendredi de lourdes peines, allant jusqu'à huit ans de prison, contre une "horde" de "casseurs", jugés pour l'attaque et l'incendie d'une voiture de police - avec deux agents qui se trouvaient à bord - à Paris le 18 mai 2016. Ce mercredi se terminaient les dernières plaidoiries de la défense et le tribunal a refixé une date pour rendre sa décision.

Le cas le plus médiatique. Dans sa réquisisition, le procureur requiert cinq ans de prison dont quatre ferme contre Antonin Bernanos, certainement le plus scruté des neuf prévenus. Le magistrat décrit cet étudiant en sociologie de 23 ans, arrière-petit-fils de l'écrivain Georges Bernanos, comme "très impliqué dans des actions antifascistes". Il souligne qu'Antonin Bernanos "conteste farouchement" être cet individu masqué qui frappe un policier assis dans sa voiture et fracasse la lunette arrière avec un plot métallique, lors de l'attaque quai de Valmy, à Paris, dont la vidéo est devenue virale.

Pour le parquet au contraire, il y a un "faisceau" d'indices qui le désignent, allant de la couleur de son caleçon aux cernes sous ses yeux, en passant par la marque de ses chaussures ou les bagues à ses doigts. Pour le ministère public, le jeune homme, qui ne "se remet pas en cause", présente "clairement un risque de réitération".  En état de récidive également, puisqu'il avait été condamné en 2013 pour des "violences aggravées", Antonin Bernanos risque théoriquement jusqu'à vingt ans de prison. Le parquet demande contre les huit autres personnes poursuivies des peines graduées selon leur implication.

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Voiture de police incendiée : deux agents pris pour cibles en plein Paris

Contre trois jeunes hommes, dont Angel Bernanos, frère cadet d'Antonin, sont requis un an d'emprisonnement avec sursis pour le délit de "groupement formé en vue de commettre des violences". Les deux représentants du parquet qui se partagent le réquisitoire, demandent un an de prison ferme, aménageable, contre Thomas Richaud, qui a donné des coups de pied et de poing dans le véhicule. Contre Kara Brault et Ari Rustenholz, accusés d'avoir frappé le véhicule à coups de plot métallique, respectivement deux et quatre ans de prison ferme sont requis.

Le procureur demande cinq ans de prison, dont deux avec sursis, contre Thomas Fensch, qui reconnaît avoir donné des coups de barre métallique à Kevin Philippy, surnommé le "kung fu policier" pour la manière dont il a paré l'attaque à mains nues. Le représentant du ministère public salue un "acte clair de contrition" de la part de cet informaticien, le plus âgé des prévenus. Enfin il requiert la peine la plus lourde, huit ans de prison ferme, contre Joachim Landwehr. Ce Suisse rentré en France peu avant le 18 mai 2016, et ayant pris la fuite ensuite, est accusé d'avoir déclenché avec un fumigène l'incendie de la voiture.

"Tout le monde déteste la justice" ou "Flics violeurs assassins"

Rejetant la thèse d'un procès politique, le procureur parle d'un "procès de casseurs" organisés en "horde", et demande: "Où se trouvent les fascistes et les extrémistes quand on combat la police, la justice, les journalistes?" Les audiences depuis mardi ont été houleuses, scandées par les cris des sympathisants des prévenus groupés à l'extérieur de la salle : "Tout le monde déteste la justice" ou "Flics violeurs assassins". Des journalistes ont été pris à partie. La mouvance d'extrême-gauche a revendiqué un incendie dans une caserne de gendarmerie à Grenoble dans la nuit de jeudi à vendredi comme faisant partie d'une "vague d'attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci".

Prenant la parole pour la défense, Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'homme et avocat d'Angel Bernanos, attaque des "réquisitions incroyablement excessives". Il s'en prend au délit de "groupement", créé par la droite en 2009 et s'inscrivant selon lui dans la lignée des diverses "lois scélérates" venues nier la liberté d'expression au fil de l'histoire française. "Si à 18 ans, 20 ans, on ne rêve pas d'un monde plus juste, quand le fera-t-on?", demande l'avocat de 83 ans.

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Les plaidoiries doivent s'achever mercredi matin. Le tribunal a fixé la date du 11 octobre à 10 heures son délibéré, qui avait été initialement fixée au 29 septembre.

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