Enfant torturé et noyé à Saint-Herblain : un drame et des questions

Justice

JUSTICE - La mère d'un petit garçon de huit ans et son compagnon ont été mis en examen vendredi soir à Nantes et placés en détention provisoires. Ils sont soupçonnés du meurtre et d'actes de tortures sur l'enfant, découvert noyé, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique).

"Pardon maman, je recommencerai plus". C’est un voisin qui a rapporté ces mots au quotidien Ouest France. Il les aurait entendus dans l’appartement de Saint-Herblain où s'est noué le drame mercredi après-midi. Pouvait-il imaginer alors que le petit David prononçait ses derniers mots ? Qui pouvait le présager ? Trois jours après la mort de l’enfant de 8 ans noyé dans une baignoire à Saint-Herblain, les questions hantent les résidents de l'immeuble du quartier de la Crémetterie. 

Selon les premiers éléments, le couple de bourreaux présumés n’était pas connu des services sociaux. Vendredi soir, la mère de David et son compagnon ont été mis en examen pour "homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans" et "actes de torture et de barbarie". Mercredi, en fin d’après-midi, ce sont eux qui avaient appelé les pompiers. Ces derniers n'avaient pu que constater le décès du petit garçon. En garde à vue, la mère et le beau-père ont d’abord parlé d’une mort accidentelle. Puis la jeune femme de 26 ans aurait fini par évoquer "la punition de la baignoire" remplie d’eau froide dans laquelle l'enfant aurait été plongé, pieds et poings liés.  

"Abasourdis"

L'autopsie a conclu à un décès par noyade du garçon, "semble-t-il dans un contexte de violences", son corps présentant plusieurs hématomes, a indiqué une source judiciaire à l’AFP. Depuis plusieurs mois, l'enfant aurait, "de manière régulière, fait l'objet de sévices très appuyés, de coups et à certaines occasions était entravé par des liens", a-t-on indiqué de même source. A son retour de l'école mercredi, David aurait été à nouveau puni, frappé avec un objet  qui n’a pas encore été identifié puis noyé.

La petite victime était arrivée en France au mois d’août. Avant, David avait été élevé par sa grand-mère en Côte d’Ivoire. Il avait récemment rejoint sa mère, âgée de 26 ans, partie en France faire des études de droit. Son compagnon, âgé de 31 ans, est, lui, ouvrier. Le couple n’avait pas d’antécédent judiciaire. Deux autres enfants, âgés de trois ans et 18 mois, vivaient dans la famille. Le plus jeune au moins serait le fruit de l'union des deux mis en examen. "On est tous abasourdis et sous le choc, a indiqué samedi le maire (PS) de Saint-Herblain, Bertrand Affilé, interrogé par l'AFP. On ne comprend pas qu'un drame comme celui-ci puisse se produire". 

Lire aussi

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter