Eric Drouet condamné à 500 euros d'amende avec sursis pour "port d'arme prohibé"

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GILETS JAUNES - Eric Drouet , figure des Gilets jaunes, risquait jusqu’à quatre mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende pour avoir participé à une manifestation non déclarée l'hiver dernier en possession d'une "arme prohibée de catégorie D". Le routier a finalement été partiellement relaxé. Il écope de 500 euros d’amende avec sursis. Son avocat a indiqué qu'il allait faire appel.

La version d’Eric Drouet évoquait un "bout de bois" donné "en souvenir par son père". Celle du procureur décrivait une "matraque" dans un objectif "d’insurrection". Poursuivi pour avoir participé à une manifestation non déclarée avec un objet dans son sac, le parquet avait requis contre le routier de Melun quatre mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende. Il a finalement été uniquement condamné à 500 euros d'amende avec sursis pour le port d'arme prohibé. 

Relaxé du chef de "participation à un groupement en vue de commettre des violences", son avocat, Me Lara, a salué cette décision. Une "première victoire" qui permettra selon lui de prouver que "non, les Gilets jaunes ce ne sont pas tous des casseurs, non ce ne sont pas tous des violents".

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Accusé de "port d'arme prohibé de catégorie D"

 Car les faits pour lesquels Eric Drouet était jugé ont eu lieu le 22 décembre dernier. On est alors au 6e "acte" de ce mouvement de contestation, et le trentenaire apparaît dans l’opinion publique comme un manifestant séditieux prêt à "rentrer dans l’Elysée". Alors, lorsque l’événement, initialement prévu à Versailles, est décalé à Montmartre, les forces de l’ordre scrutent ses moindres gestes. Et l'interpellent quelques heures plus tard, au milieu des manifestants, dans une ruelle du quartier de la Madeleine. Dans son sac, une "matraque en bois avec une lanière accrochée de façon artisanale comme pour l’accrocher au poignet", est retrouvée, selon un communiqué du parquet. 

Relâché le lendemain, Eric Drouet passe devant la justice le 5 juin dernier. On lui reproche une "participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations" et le "port d'arme prohibé de catégorie D". Aux yeux du procureur, ce routier "est volontairement" venu avec cet objet et ce dans une "logique de violence". Un argument appuyé par une publication sur le groupe Facebook de ce trentenaire père de famille qui écrivait : "Rejoignez-nous ! Besoin d'aide", dans laquelle il voit une "logique d’affrontement". 

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Face à ce message, Eric Drouet nie. Et à la question "vous appeliez à une insurrection ?", il répond par la négative. "Non, nous étions nassés, c’était pour avoir l’aide des Gilets jaunes pour un avocat" argue-t-il, avant de souligner que "du début à la fin, il n'y a eu aucune violence". Quant à l’objet en bois? Devant les enquêteurs, il expliquait avoir tout bonnement "oublié" ce "souvenir" de son père dans son sac. "En tant que routier, on a tous quelque-chose pour se défendre", a-t-il assuré ensuite à l'audience.

Le juge avait donc pour mission de faire le clair entre ces deux versions. Mission réussie. Si Eric Drouet n'avait effectivement pas comme objectif de participer "à un groupement en vue de commettre des violences", il lui était bien "prohibé" de se déplacer avec cet objet en bois dans son sac. C'est pourquoi, bien que la somme de l'amende est "extrêmement faible" , son avocat Lara Khéops a d’ores et déjà fait savoir qu’Eric Drouet comptait faire appel. Une " question de principe".

Une deuxième condamnation

Celui qui est à l'initiative du premier "acte" avait déjà été condamné le 29 mars dernier à 2000 euros d'amende, dont 500 avec sursis pour l'"organisation sans déclaration préalable" de cette manifestation parisienne et de celle du 2 janvier. Contestant le terme d’ "organisateur", il avait fait appel.

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