Et soudain, après la libération de Jacqueline Sauvage, Benoît Hamon change d'avis sur la grâce présidentielle

DEMI-TOUR TOUTE – Alors qu’il s’est montré, dans les dernières semaines du mouvement, un ardent militant de la libération de Jacqueline Sauvage, Benoît Hamon réclame à présent, 48 heures après la grâce présidentielle, une "frontière plus étanche" entre justice et politique.

C'était son combat de dernière minute. Près d'un mois avant la tenue de la primaire de la gauche, Benoît Hamon avait rejoint les rangs du très actif comité de soutien pour la libération de Jacqueline Sauvage, ajoutant ainsi sa signature à celle de très nombreuses personnalités médiatiques.  Auprès de LCI, son entourage confirmait sa volonté de réclamer une grâce totale de la sexagénaire, condamnée par deux fois à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent. 


Et en l'espace de dix jours, le candidat n'avait pas ménagé ses efforts. Prises de paroles publiques, tribune dans Libération et lettre adressée au président de la République, Benoît Hamon réclamait alors par tous les moyens la libération de Jacqueline Sauvage, au nom de la lutte contre les violences faites aux femmes. 

Je jugeais qu'en l'espèce, ce droit de grâce existant, elle méritait d'être graciée. Cela étant dit..."Benoît Hamon

Seulement voilà. Quarante-huit heures après l'obtention de cette grâce tant attendue par les nombreux soutiens de Jacqueline Sauvage, Benoît Hamon semble bien avoir changé d'avis sur cette pratique présidentielle. Invité chez nos confrères de RTL ce vendredi 30 décembre, il a ainsi déclaré : "Je jugeais qu'en l'espèce, ce droit de grâce existant, elle méritait d'être graciée. Cela étant dit, je crois qu'à l'avenir, pour ce qui relève du fonctionnement de nos institutions, plus la frontière sera étanche entre le judiciaire et le politique, mieux ce sera."


Voilà une déclaration qui devrait ravir le monde judiciaire, magistrats en tête, qui qualifient majoritairement cette grâce présidentielle de "fait du prince". Une façon de contenter tout le monde ? A quelques jours de la primaire de la gauche, en tout cas, elle tombe décidément très à pic.

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