Évacuation de la ZAD de Bure : Gérard Collomb ne veut plus "qu'il y ait en France des lieux de non-droit"

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POLICE - Le ministre de l'Intérieur a annoncé ce mercredi l'évacuation de la ZAD de Bure (Meuse) par 500 gendarmes. Les 15 occupants présents protestaient contre le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires. De son côté, Nicolas Hulot a expliqué qu'il ne pouvait "pas faire disparaître ces déchets comme par enchantement" et que rien n'est encore acté concernant l'avenir du site.

La gendarmerie nationale a mené ce jeudi matin à 6h15 une opération "visant à mettre fin à l'occupation illégale" du Bois Lejuc, le centre de la contestation contre le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure dans la Meuse. Selon la préfète de la Meuse, 15 personnes se trouvaient dans la ZAD au moment de l'opération. Elles ont toutes été sorties des lieux. Une interpellation a eu lieu après une tentative de jet d'engin incendiaire sur les forces de l'ordre.


L'annonce a été faite par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur son compte Twitter. Dans la matinée, il a affirmé : "nous ne voulons plus qu'il y ait en France des lieux de non-droit".  Le choix de lancer l'évacuation jeudi s'explique aussi par le fait que les opposants à Cigéo "devaient venir installer un bâtiment en dur début mars et il n'était pas question que ce bois devienne une zone de non-droit", a expliqué Frédéric de Lanouvelle, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Je ne peux pas faire disparaître ces déchets comme par enchantementNicolas Hulot

Interrogée dans l'après-midi par une députée à l'Assemblée, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a assuré qu'il aurait "préféré ne jamais avoir à traiter ce sujet-là, c’est à dire que l’on n’arrive pas à cette situation avec ces déchets ultimes dont personne ne veut ici en France et ailleurs". Et d'abonder : "Sauf que maintenant je suis aux responsabilités et la seule chose qui a changé c’est ma fonction et je ne peux pas faire disparaître ces déchets comme par enchantement".

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Nicolas Hulot : "J’aurais préféré ne jamais avoir à traiter ce sujet-là"

Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé le même jour qu'il serait sur place ce jeudi pendant 48h pour "rencontrer les élus et acteurs du territoire". Fin janvier, il s'était déjà rendu à Bure pour une visite de trois jours où il avait rencontré tous les acteurs du secteur. Il avait affirmé que le projet Ciégo était "la meilleure solution possible".


"C'est absolument invraisemblable car la visite de M. Lecornu était prévue aujourd'hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu'opposants. C'est la sidération", a déclaré à nos confrères de l'AFP une porte-parole du collectif "Bure Stop", expliquant que la propriété du bois Lejuc "est contestée", avec "des recours en cours déposés sur l'illégalité des travaux". 

L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a retenu le bois Lejuc pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo, visant à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.


L'agence doit réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de récolter des données en vue du dépôt de la demande d'autorisation de création (DAC) du site, prévue pour 2019. Des forages rendus pour l'heure impossibles par l'occupation du bois. Saisi en référé par l'Andra, le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc avait rendu en avril une décision d'expulsion du Bois Lejuc.


Les opposants au projet Cigéo contestent la procédure de cession de ce terrain à l'Andra.

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