Exclusif TF1/LCI -Théo, violenté lors d'un contrôle de police, se confie : "Je leur pardonne"

TÉMOIGNAGE - Près de neuf mois après les faits, LCI a rencontré Théo, le jeune homme agressé par des policiers lors d'une arrestation musclée à Aulnay-sous-Bois. Alors que le policier mis en examen pour viol dans cette affaire sera entendu pour la première fois au tribunal de Bobigny ce jeudi, la victime confie avoir pardonné ses agresseurs.

La voix est posée, les gestes détendus. Près de neuf mois après l'agression dont il a été victime, Théo tente d'aller de l'avant mais nous confie que sa vie n'est plus la même. Le 2 février dernier, lors d'une arrestation policière à Aulnay-sous-Bois, le jeune homme était grièvement blessé après qu'un des agents lui a introduit une matraque dans l'anus. Ses blessures lui avaient valu 60 jours d'Incapacité Temporaire de Travail (ITT). Aujourd'hui, Théo a repris un travail à mi-temps, un moyen pour lui d'être actif et de ne pas ressasser ses idées noires, mais la convalescence est loin d'être terminée.


Des fois, "j'ai besoin de ne plus voir personne" glisse-t-il, "j'ai mes petits moments de solitude".  Sa blessure l'a également diminué physiquement. A cause de la déchirure anale et de la perforation du colon qu'il a subies, Théo vit désormais avec une poche. Si les médecins lui ont assuré "qu'(il) pouvait reprendre (sa) vie comme avant", cette poche le limite. "Je ne peux plus faire de sport" dit-il,  expliquant que "la plaie se compresse" dans l'effort. Courir, faire du vélo, le fait souffrir. "Tu peux reprendre ta vie, c'est vrai", résume-t-il, "mais molo molo".

En vidéo

Théo se dit "très diminué": "Je ne peux plus faire de sport"

Les hommes qui ont fait l'acte risquent de ne pas être punisThéo

Malgré les difficultés, Théo affirme avoir pardonné : "Je suis un croyant et Dieu pardonne tout le monde (...) je les pardonne et je les laisse entre les mains de Dieu", avance-t-il. Pour autant, le jeune homme est persuadé que ses agresseurs n'en ont cure. "C'est que je suis un humain pas très important pour eux", estime-t-il, "donc mon pardon ne comptera pas beaucoup pour eux".

En vidéo

Théo : "Si Dieu pardonne, je pardonne"

Dans cette affaire, quatre policiers ont été mis en examen. L'un pour viol, les trois autres pour violences volontaires en réunion. Le premier est entendu pour la première fois, ce jeudi, par le juge d'instruction. Mais Théo n'a pas une grande confiance dans la justice : "La satisfaction (de la victime) c'est de savoir que la personne qui a commis le viol va être puni mais dans mon cas à moi c'est tout à fait différent", regrette-t-il, craignant que ses agresseurs ne soient jamais punis.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

L'affaire Théo

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter