Toulouse : pensant éliminer un violeur récidiviste, un homme a massacré son ancien codétenu à coups de marteau

Justice

MEURTRE - Retrouvé le crâne fracassé par "une dizaine de coups de marteau" dans une forêt située non loin de Toulouse, un homme de 56 ans a été tué par un ancien détenu, déjà condamné à la perpétuité, considérant que l'ancien violeur représentait une menace pour la société.

C'est une scène de crime pour le moins étrange que les gendarmes de la section de recherches de Toulouse ont découvert ce mercredi 30 octobre dans la forêt de Bouconne, sur la commune de Montaigut-sur-Save, en Haute-Garonne. Ce jour-là, des promeneurs avaient trouvé le corps d’un homme en grande partie dénudé, la tête fracassée par "une dizaine de coups de marteau". Le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzeari, a confirmé lors d'un point presse ce lundi que dès le lendemain de cette découverte macabre, un homme de 59 ans avait été arrêté et mis en examen. Une identification facilitée par les images des caméras de vidéo-surveillance de la ville de Toulouse, ayant permis à l'enquête d'accélérer.

Selon le procureur, la scène du crime témoignait d'une "tentative maladroite" pour faire croire à une relation sexuelle qui aurait mal tourné. Particulièrement violent, le crime, dont le mobile demeure extrêmement flou, semble trouver ses racines dans le lourd passé judiciaire des deux protagonistes qui se connaissaient, ayant par le passé fréquenté les mêmes centres de détention (à la centrale de Lannemezan puis à la maison d’arrêt de Seysses) et travaillé via la même association de réinsertion, à Toulouse. 

La victime, un natif de la Somme âgé de 56 ans, avait quitté le matin même la maison d'arrêt de Seysses, où il était détenu sous le régime de la semi-liberté, pour se rendre à son travail dans une association de réinsertion de Toulouse. Il arrivait au bout d’une peine prononcée en 1993 par la Cour d’assises de l’Oise pour viols sous la menace d’une arme. Le suspect, âgé de 59 ans, était incarcéré pour vols à main armé et meurtres en 1986 dans les Pyrénées-Atlantique. 

Des explications "confuses" et "sommaires"

Entre ces deux hommes, une histoire d'argent serait en cause "mais ce n'est pas le mobile du crime", prévient Dominique Alzeari. Comme le relate "Le Parisien", le procureur de la République de Toulouse explique que le suspect, ayant reconnu les faits lors de ses auditions, a tendu un piège à la victime en allant la chercher sur son trajet vers le travail, au niveau de la station de métro de Basso-Cambo. L'homme a accepté de le suivre et l'explication a violemment dégénéré dans la forêt de Bouconne où le suspect voulait lui faire avouer de prétendus penchants récidivistes. 

En parlant avec la victime de son rapport aux femmes et constatant qu'il consultait des sites pornographiques comme des sites de rencontres, le suspect s'était imaginé que la victime cachait des choses et qu'elle allait recommencer à violer en sortant de prison, confie un proche de l'enquête au "Parisien". Des propos que tient toutefois à tempérer le procureur de Toulouse : "Les explications du suspect sont confuses et sommaires. Et la victime n'est plus là pour témoigner", rappelle le magistrat. L'instruction se chargera de clarifier le mobile et le déroulé des faits incessamment. 

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