Fausse agression terroriste : 4 mois avec sursis requis en appel contre l'instituteur d'Aubervilliers

Fausse agression terroriste : 4 mois avec sursis requis en appel contre l'instituteur d'Aubervilliers

JUSTICE – Relaxé en première instance, l'instituteur d'Aubervilliers qui aurait inventé une fausse agression terroriste en décembre 2015 était jugé par la cour d'appel de Pari ce vendredi 2 décembre pour "dénonciation de crime imaginaire". Le procureur a requis à son encontre 4 mois de prison avec sursis. Décision le 10 février prochain.

L’instituteur d’Aubervilliers a-t-il inventé une agression terroriste de toutes pièces ? La question était posée à la justice une seconde fois ce vendredi 2 décembre. Relaxé en première instance pour vice de procédure, Stéphane A., un enseignant de 45 ans exerçant dans une école élémentaire de Seine-Saint-Denis, était en effet de nouveau jugé pour "dénonciation de crime imaginaire" devant la cour d’appel de Paris, à la demande du parquet de Bobigny. Le procureur a requis à son encontre quatre mois de prison avec sursis.

Le 14 décembre 2015, le récit de l'agression présumée avait fait couler beaucoup d’encre. Tôt ce matin-là, l'enseignant indique à la police ainsi qu’à ses proches avoir été agressé au cutter, dans l’enceinte de l’école, par un homme "en tenue de peintre" se réclamant du groupe Etat Islamique. Blessé au niveau du cou et du flanc, il rapporte les paroles que l’assaillant aurait tenues : "C’est Daech, c’est un avertissement".

Il maintient avoir été agressé- Noémie Saidi-Cottier

Un scénario étonnant mis à mal dès l’après-midi même. Hospitalisé sous morphine, il avoue alors aux enquêteurs avoir tout inventé et s’être blessé lui-même pour dénoncer l’insuffisance des mesures de sécurité de l’école. Mais c’était sans compter un nouveau revirement. A son premier procès en février dernier, coup de théâtre : l’instituteur revient sur ses aveux, persiste et signe. "Je maintiens avoir été agressé", assure-t-il à la barre. Ce retournement de situation n’aura en fait guère d’influence : le tribunal annulera finalement les procès-verbaux d’audition, recueillis par des policiers alors que l'individu se trouvait à l’hôpital, sans avocat. 

A l'audience, le prévenu a finalement maintenu ce vendredi avoir été agressé. En amont, son avocate, Noémie Saidi-Cottier, confiait par ailleurs à LCI  que son client, "plutôt serein", avait "hâte d’être jugé pour mettre toute cette affaire derrière lui. De cette décision dépend le reste de sa carrière." En cas de condamnation, il pourrait en effet être révoqué de l’Education nationale. La décision a été mise en délibéré au 10 février prochain. 

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