Fausse victime du Bataclan : "J’ai franchi une limite impardonnable"

Fausse victime du Bataclan : "J’ai franchi une limite impardonnable"

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JUSTICE – Cédric R., 29 ans, devait être jugé en comparution immédiate ce vendredi pour avoir tenté d’escroquer le fonds de garantie des victimes de terrorisme. Il s’était fait passer pour une victime du Bataclan auprès des policiers et des médias. Dans l’attente de son procès, fixé au 1er décembre, il a été placé en détention provisoire.

C’est avec les cernes gonflés et l’œil rougi par plusieurs heures de garde à vue que Cédric R. s’est présenté devant le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines), ce vendredi. Dans le box, entre deux gendarmes, l’homme de 29 ans baisse la tête et se confond en excuses. L’attitude d’un petit garçon qui a fait une grosse bêtise.


Sentiment de honte aussi, sans doute, pour cet ambulancier et secouriste empêtré dans son mensonge. Cédric R. s’est fait passer pour une victime du Bataclan et a tenté d’escroquer le fonds de garantie des victimes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI). Devant nos confrères de l’AFP, il avait confié, après les attentats du 13 novembre, être hanté par "cette femme enceinte qui a pris des balles qui m’étaient destinées". Poussant le vice jusqu’à participer à des "apéros thérapeutiques" entre victimes des attentats et obtenir d’un psychiatre 30 jours d’interruption temporaire de travail (ITT).

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Trois à six ans de prison ferme pour deux fausses victimes des attentats du 13 novembre

En détention provisoire

Sauf que tout ceci était bel et bien, en tout cas pour Cédric R., un immense mensonge. L’enquête de la police judiciaire parisienne a démontré qu’il avait menti et fourni de fausses déclarations afin de constituer un dossier auprès du fonds de garantie des victimes de terrorisme, censé apporter un soutien financier dans l’attente des procès. "J’ai fait une erreur, j’ai franchi une limite impardonnable", soutient-il devant le tribunal, qui ordonne le renvoi du procès au 1er décembre, le temps d’ordonner une expertise psychologique et psychiatrique.


Car même s’il reconnait les faits, la justice veut savoir ce qui l’a poussé à manigancer un tel scénario mensonger. Après les attentats, Cédric R. a emporté ses craques à Toulouse, puis à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), où il exerçait à nouveau l’activité de secouriste et de formateur. "Ça m’a suivi tous les jours. Je me dégoûte moi-même. Mais je ne savais pas que la justice me recherchait", clame-t-il. Malgré les garanties de représentation apportées par son avocate commis d’office, Cedric R. dormira à la prison de Bois-d’Arcy jusqu’à son procès, prévu le 1er décembre prochain. Il risque jusqu’à cinq ans de prison.

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