L'aide-soignant d'un Ehpad du Val-de-Marne filmé en train de violenter une nonagénaire jugé ce vendredi

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MALTRAITANCE - Un employé d'un établissement pour personnes âgées dépendantes d'Arcueil a été interpellé et placé en garde à vue courant février à la suite d'une plainte déposée par la famille d'une pensionnaire. En détention provisoire avec obligation de se soumettre à une expertise psychiatrique, il comparaît ce vendredi 22 mars.

"Pitié pour moi"... Face au désarroi d'une femme de 98 ans, pensionnaire d'un Ehpad d'Arcueil dans le Val-de-Marne, les mots et les gestes d'un aide-soignant font froid dans le dos : "Tu me fais chier espèce de vieille salope", "ferme ta gueule". Mis en cause pour des faits de maltraitance envers une personne vulnérable, un employé de l'établissement pour personnes âgées dépendantes "La Maison du grand cèdre" a été déféré courant février. Le tribunal a décidé de fixer l’audience à ce vendredi 22 mars. L’aide soignant, qui avait demandé le renvoi de son procès pour préparer sa défense, a quant à lui été placé en détention provisoire avec obligation de faire une expertise psychiatrique.

Cet homme de 57 ans avait été interpellé puis placé en garde à vue à la suite d'une plainte déposée par la famille de la nonagénaire. Soupçonnant des violences à l'égard de leur mère, les enfants de la vieille dame avaient installé début février une caméra dans sa chambre. Sur les vidéos, on voit l'aide-soignant attraper la pensionnaire, tombée au sol, par les cheveux puis la tirer par les jambes au sol comme s'il s'agissait d'une poupée avant de la remettre brusquement dans son lit, lui donner des coups de pied ainsi que des gifles. Il s'avère que c'est sans doute cette chute qui a occasionné chez la femme âgée, hospitalisée depuis, une double fracture du fémur, qui lui a valu 90 jours d’ITT.

"Pas son genre"

L'homme a nié les faits, jusqu'à être confronté aux images, auxquelles il a d'abord tenté d'échapper en tournant la tête. Si les policiers l'ont contraint à les regarder, lui assure qu'il ne se "reconnaît pas" dessus, que ce n’est "pas son genre". Il a parlé d'actes isolés, prétextant avoir "pété un câble", sans réellement passer aux aveux, reconnaissant tout juste des insultes.  Mais c'est dans un autre état d'esprit que le quinquagénaire au casier judiciaire vierge s'est présenté au juge ce vendredi. "Je voulais m’excuser auprès de la famille", a-t-il glissé depuis le box vitré en regardant les deux filles de la victime présentes dans la salle d'audience.


Le groupe Adef résidences, qui employait l'aide-soignant depuis neuf ans, a de son côté déploré un "acte de violence insoutenable" et a mis à pied son salarié "dès connaissance des faits", a affirmé l'Ehpad. "Cet acte de maltraitance a aussitôt fait l'objet de signalements auprès de l'ARS (Agence régionale de santé) et du procureur de la République par l'établissement", et l'ensemble des familles de résidents ont été informées, a-t-il aussi été assuré. D'autres familles de pensionnaires ont été entendues dans le cadre de l'enquête, notamment celles résidant au même étage, mais personne n'a pour l'instant fait état d'autres violences.


Selon les chiffres de La Fédération 3977, relayés par RTL, le nombre d'appels concernant des maltraitances sur des personnes âgées a grimpé de 13% en 2018, soit 3.556 appels (400 de plus qu'en 2017, et près de 1000 de plus qu'en 2016).

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