Filière djihadiste de Lunel : cinq hommes au tribunal et quelques absents

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TERRORISME - Cinq individus originaires de la petite ville de Lunel (Hérault), connue pour être un point de départ vers la Syrie, vont être jugés ce jeudi pour "association de malfaiteurs terroriste". Alors que la trace de 15 d'entre eux demeurent indécelables.

Cinq prévenus, l'ombre des morts et des absents. La filière djihadiste de Lunel, petite ville de l'Hérault qui avait vu une vingtaine de ses habitants partir pour le djihad en Syrie, voit s'ouvrir jeudi 5 avril à Paris un procès pour "association de malfaiteurs terroriste" et "financement du terrorisme".


Ces individus, âgés de 29 à 47 ans, avaient été interpellés fin janvier 2015, soit quelques jours après l'attentat de Charlie-Hebdo. Deux d'entre eux sont accusés d'être partis en Syrie : Adil Barki et Ali Abdoumi. Barki, 39 ans, n'avait passé que quelques semaines au Jaysh Mohamed  ("l'armée de Mahomet"), un groupe armé proche du Front Al-Nosra, alors allié à Al-Qaïda, avant de se rapprocher de l'organisation Etat islamique (EI).

Symbole du phénomène djihadiste français

C'est à cet endroit que ce dernier aurait été cantonné aux tâches ménagères en raison de violentes crises de panique. Quant à Abdoumi, qui à 47 ans fait figure d'ancien et se dit non musulman, il a nié pendant l'enquête être parti pour la Syrie. La plupart de ces hommes nourris de propagande étaient amis de longue date. Ils fréquentaient ensemble la mosquée de la ville, des réunions sur la religion ou le snack "Le Bahut" tenu par Abdelkarim, le premier à avoir pris la route du radicalisme religieux rapportent ainsi nos confrères de l'Agence France-Presse. 


Cette vague de départs, échelonnés entre 2013 et 2014, a été l'une des plus  importantes de France à l'échelle de cette commune de 26.000 habitants. Elle a fait de Lunel, localité de Petite Camargue située entre Nîmes et Montpellier, un symbole de l'ampleur du phénomène djihadiste jusque dans de petites villes  françaises.

Quinze des habitants de Lunel ne sont jamais rentrés sur le sol français et font toujours l'objet de mandats d'arrêts. Ils sont présumés morts en Syrie pour au moins huit d'entre eux, toujours en vie là-bas pour les autres.

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