Financement du terrorisme en Syrie : Lafarge mis en examen notamment pour "complicité de crimes contre l'humanité"

DirectLCI
INDUSTRIE - Le cimentier Lafarge, accusé d'avoir financé des groupes djihadistes en Syrie pour maintenir son activité en pleine guerre, a été mis en examen jeudi notamment pour "complicité de crimes contre l'humanité".

Il est accusé d'avoir financé des groupes djihadistes en Syrie - dont l'Etat islamique. Entendu jeudi par les trois juges chargés de l'enquête, Lafarge SA, holding actionnaire majoritaire de la filiale syrienne Lafarge Cement Syria, a été mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité", "financement d'une entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie" des anciens salariés de l'usine de Jalabiya.

En vidéo

Pourquoi l’ONG Sherpa porte plainte contre Lafarge pour "financement du terrorisme" en Syrie

Cette décision de mises en examen est "conforme" aux réquisitions du parquet de Paris, a précisé une source judiciaire à l'AFP. Lafarge SA est soumis à un contrôle judiciaire comprenant une caution de 30 millions d'euros.


Cette mise en examen est "historique", a réagi auprès de LCI Marie Dosé, l'avocate de l'ONG Sherpa, qui avait porté plainte contre Lafarge. 

Le cimentier français est soupçonné d'avoir versé près de 13 millions d'euros entre 2011 et 2015 pour maintenir son usine en Syrie alors que le pays s'enfonçait dans la guerre.


Ces sommes ont bénéficié en partie à des groupes armés, dont l'Etat islamique. Elles correspondaient notamment au versement d'une "taxe" pour sécuriser la circulation des salariés et des marchandises, à des achats de matières premières - dont du pétrole - à des fournisseurs proches de l'EI et à la rétribution d'intermédiaires chargés de négocier avec les factions, d'après l'enquête. A ces canaux de financement s'ajoutent désormais des soupçons sur la possible vente de ciment à Daech, apparus dans de récentes investigations, selon une source proche du dossier.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter