Financement libyen : les charges contre Sarkozy "ne se limitent pas aux déclarations" de Takieddine

Financement libyen : les charges contre Sarkozy "ne se limitent pas aux déclarations" de Takieddine

LIBYE - Le parquet national financier a précisé que les charges qui pèsent sur l'ancien président ne reposaient pas que sur le témoignage de l'intermédiaire franco-libanais, qui a récemment retiré ses accusations.

Le revirement de l’intermédiaire Ziad Takieddine ne change rien aux charges qui pèsent contre Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, le procureur du parquet national financier, Jean-François Bohnert, a tenu à rappeler que les mises en examen de l’ancien président dans le cadre de l’enquête sur le présumé financement libyen de sa campagne de 2007, ne s’appuient pas seulement sur les déclarations de Ziad Takieddine. 

"Les mises en examen intervenues dans ce dossier s'appuient, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d'une seule personne", a-t-il écrit.

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Ziad Takieddine, ancien intermédiaire entre la France et le régime de Mouammar Khadafi et protagoniste de cette affaire, avait directement mis en cause Nicolas Sarkozy à de nombreuses reprises depuis 2012. Il affirmait avoir lui-même remis de généreuses sommes d'argent liquide aux responsables de la campagne victorieuse de 2007. Mais dans une courte interview accordée à Paris Match, mercredi 11 novembre, il est complètement revenu sur ses positions en affirmant que "monsieur Sarkozy n'a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle, ni monsieur Kadhafi ne pouvait le faire parce qu'il ne le faisait jamais".

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne", "recel de détournement" et "association de malfaiteurs". Pour l’ancien président, les révélations de l'intermédiaire, dont il n'a eu de cesse de critiquer la crédibilité, sont pourtant la preuve de son innocence : "L’information judiciaire se trouve aujourd’hui dans une impasse complète. Je demande ma démise en examen".  Ziad Takieddine est lui mis en examen pour "corruption".

Ziad Takieddine a fait volte-face en attaquant directement le juge Serge Tournaire qui a mené l’enquête entre 2012 et l’été 2019. "Je le dis haut et fort, ce juge Tournaire a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires aux propos que j'ai dits", a clamé l’homme d’affaires franco-libanais.

Des accusations que balaie le procureur Jean-François Bohnert. "Les accusations portées à l'encontre de Serge Tournaire [...] sont dépourvues de tout fondement", rejette-t-il. Il ajoute que Ziad Takieddine a toujours été auditionné en présence de son avocat et qu’il a disposé "de tout le temps nécessaire pour relire ses procès-verbaux d'auditions avant de les signer". 

"Il n'a jamais formulé la moindre observation sur le déroulement de ses interrogatoires", poursuit le magistrat. "Interrogé à six reprises par différents juges d'instruction y compris après le départ de Serge Tournaire, Ziad Takieddine n'est jamais revenu sur ses premières déclarations", conclut le communiqué.

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