L'ex-ministre de la Culture Fleur Pellerin soupçonnée de prise illégale d'intérêts

L'ex-ministre de la Culture Fleur Pellerin soupçonnée de prise illégale d'intérêts

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JUSTICE - L'ex-ministre de la Culture, reconvertie dans le privé, est dans le viseur de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour ses liens avec un groupe sud-coréen, qui fut l'un de ses interlocuteurs dans le cadre de ses fonctions gouvernementales.

C'est en vertu de la loi sur la transparence de la vie publique du 11 octobre 2013 que la HATVP s'est penchée sur les activités de Fleur Pellerin. Dans un rapport publié ce mercredi au Journal officiel, cette autorité indépendante, qui a transmis un signalement au parquet, estime ainsi que l'ex-ministre de la Culture, reconvertie dans le privé, a "méconnu [ses] réserves en prenant pour client une entreprise privée avec laquelle elle avait conclu un contrat ou formulé un avis sur un contrat" dans le cadre de ses fonctions gouvernementales. Une méconnaissance qui lui vaut aujourd'hui d'être soupçonnée de "prise illégale d'intérêts". 


Dans le détail, Fleur Pellerin, à la tête de la société d'investissements Korelya Consulting qu'elle a fondée, gérait depuis septembre 2016 un fonds "intégralement doté par la société Naver Corp", un poids lourd du web sud-coréen. Or la HATVP s'est aperçue que celle qui fut ministre de la Culture de fin août 2014 à février 2016, avait signé, quand elle était encore au gouvernement, une "lettre d'intention" avec Naver Corp le 4 novembre 2015 en vue de la diffusion de contenus vidéos sur les événements de l'année France-Corée. Puis l'institut français de Corée du Sud et la société Naver avaient conclu "une convention de partenariat" le 17 mars 2016, à une date où Fleur Pellerin n'était plus en fonction. 


Selon des médias, Korelya Consulting a levé un total de 200 millions d'euros en 2016-2017 auprès du groupe sud-coréen, qui gère le premier moteur de recherche local. Invitée à s'expliquer au sujet de cette lettre d'intention évoquée par la HATVP , l'ex-ministre entrée au gouvernement au 2012 a répondu en mai 2018 que le document en question ne pouvait être assimilée à un contrat. 

Pour rappel, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique est chargée de contrôler pendant trois ans les reconversions dans le privé d'anciens responsables publics, qualifiées de "pantouflage". A ce titre, l'ex-ministre avait saisi la HATVP le 9 juin 2016, quelques mois après son départ du gouvernement socialiste de François Hollande, pour qu'elle se prononce sur d'éventuelles difficultés déontologiques autour de la création de Korelya Consulting, destinée à accompagner des investissements dans les start-up digitales en Europe.


 Le 21 juillet 2016, la HATVP a bien émis un "avis de compatibilité" mais "sous réserve d'un certain nombre de précautions visant à prévenir l'infraction de prise illégale d'intérêts". Concrètement, la société de Fleur Pellerin ne pouvait pas "jusqu'au 11 février 2019" fournir des prestations à des entreprises qui "ont bénéficié" d'aides financières ou de décisions de la part du ministère de la Culture et de la communication ou "conclu des contrats" avec ses services. Et ce sur la période où cette dernière dirigeait ce ministère, soit entre le 26 août 2014 et le 11 février 2016.

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