Fuite de Carlos Ghosn : pour Nissan, le système judiciaire japonais a été "bafoué"

DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Jennifer Knock est revenue ce lundi 6 janvier 2020 sur la fuite de Carlos Ghosn.
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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

JUSTICE - Le groupe automobile a qualifié d’"extrêmement regrettable" la fuite de son ancien patron vers le Liban, et a affirmé qu’il continuera à poursuivre Carlos Ghosn en justice.

Dans un bref communiqué, Nissan s’est finalement exprimé sur l’évasion de Carlos Ghosn vers le Liban. En fuyant le Japon, l’homme d’affaires a commis un acte "extrêmement regrettable", estime le groupe automobile. "Sa fuite vers le Liban sans la permission du tribunal, en violation des conditions de sa liberté sous caution, bafoue le système judiciaire japonais", ajoute le constructeur. 

"Nissan a découvert de nombreux actes d'inconduite imputables à Ghosn au terme d'une enquête interne approfondie", assure par ailleurs le groupe qui l'avait dénoncé aux autorités et congédié peu après son arrestation le 19 novembre 2018 à Tokyo. Nissan affirme qu'existent "des preuves irréfutables de divers actes répréhensibles" de sa part, notamment "des déclarations inexactes sur sa rémunération et un détournement d'actifs de la société à son profit personnel".

Le constructeur japonais, qui a changé de direction depuis début décembre pour solder l'ère Ghosn, précise aussi qu’il continuera à coopérer avec la justice et à poursuivre son ancien patron pour qu'il assume la responsabilité du "préjudice" qu'il lui a causé, selon le communiqué.

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Le Franco-Libano-Brésilien de 65 ans fait aussi l'objet d'enquêtes préliminaires en France, sur d'autres faits, a rappelé Nissan.

Concernant le dossier des déclarations inexactes sur ses rémunérations et indemnités retraites, Carlos Ghosn a évité des poursuites judiciaires aux Etats-Unis en acceptant en septembre dernier de payer une amende d'un million de dollars aux autorités américaines. Sur ce volet de l'affaire, Nissan a aussi sa part de responsabilité, avait estimé le gendarme boursier américain, la SEC : le groupe a ainsi écopé d'une amende de 15 millions de dollars aux Etats-Unis.

L'Agence japonaise des services financiers, la FSA, a aussi requis le mois dernier une amende de près de 20 millions de dollars à l'encontre de Nissan pour les revenus différés de Carlos Ghosn omis des anciens rapports annuels du groupe. Nissan avait déclaré accepter cette sanction.

Carlos Ghosn doit donner une conférence de presse, mercredi 8 janvier, à Beyrouth. Une centaine de journalistes ont été accrédités. Concernant sa fuite, dont les détails sont encore inconnus pour l’instant, le gouvernement japonais l’a qualifiée d’ "injustifiable".

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