Gabin, bébé mort de faim en 2013 : prison avec sursis pour le médecin qui assure n'avoir "rien vu"

Gabin, bébé mort de faim en 2013 : prison avec sursis pour le médecin qui assure n'avoir "rien vu"
Justice

JUSTICE - Le médecin traitant de la famille du petit Gabin, mort de faim à l'âge de 22 mois en 2013, a déclaré que l'état du bébé ne l'avait pas inquiété. Il a été condamné une peine de neuf mois avec sursis, une décision de justice "rare" pour un médecin.

Le médecin traitant de la famille de Gabin, ce bébé âgé d’à peine 22 mois mort de faim et de déshydratation en 2013, dont les parents ont été depuis lourdement condamnés aux assises, a écopé ce jeudi de neuf mois de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Guéret (Meuse) a reconnu coupable ce praticien de 62 ans, Jean-Louis V., de "non-assistance à personne en danger". "Une condamnation rare", comme l’a qualifiée l'association L'Enfant bleu, partie civile au procès le 4 juin. 

"Il y a peu de médecins pour lesquels la faute pénale est retenue pour non-assistance à personne en péril", a commenté l'avocat de l'association, Me Yves Crespin. Il a indiqué qu'il ne ferait pas appel, estimant que le jugement envoyait "un signal très fort (...) à l’adresse de la profession médicale". "Seul le médecin avait la possibilité de s’apercevoir de la situation de danger dans laquelle se trouvait Gabin", a-t-il complété. 

L'état de Gabin ne m'inspirait pas d'inquiétude. Pendant les consultations, il était toujours propre et bien vêtu.- Jean-Louis V., le médecin traitant de la famille Gabin.

Le médecin a en outre été condamné au paiement de 7.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral au frère aîné de Gabin et d'un euro symbolique à L'Enfant bleu. Il devra également leur verser 900 euros de frais de justice et la même somme à chacun des parents, qui s'étaient portés parties civiles. Condamné le 15 novembre 2019 à 17 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Creuse pour "privation de soins et d'aliments suivie de mort d'un mineur de moins de 15 ans", le couple de trentenaires est dans l'attente de son procès en appel.

Le 4 juin, à la barre, le médecin, toujours en activité, avait plaidé l'erreur d'appréciation, martelant n'avoir "rien vu" avant le décès de ce bébé le 7 juin 2013, des suites de dénutrition et déshydratation. A son arrivée aux urgences, il ne pesait plus que 5,825 kg. "L'état de Gabin ne m'inspirait pas d'inquiétude. Pendant les consultations, il était toujours propre et bien vêtu", avait-il assuré. Le procureur s'en était remis au jugement de la cour, invitant les juges à se demander si le médecin avait conscience ou non d'un péril imminent pour Gabin lors de ses consultations

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"Céline Vialette (la mère, ndlr) n'a jamais posé de problème (...) Elle semblait s'occuper parfaitement de Gabin", avait affirmé le médecin, tout en admettant avoir été plus dubitatif sur les "capacités" du père. "Je ne mesurais pas un quelconque danger, sinon j'aurais agi. C'est mon métier et ma raison de vivre", avait-il encore insisté, en accusant les parents d'être les "seuls responsables".  Le 25 avril 2013, lors de sa dernière visite chez le médecin, "Gabin pesait 8,550 kg. Six semaines plus tard, quand il est mort" aux urgences, "il ne pesait plus que 5,825 kg (...) C’est le poids qu’il faisait à trois mois", avait souligné l'accusation lors du procès des parents.

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