Gilets jaune : l'homme qui menaçait de se faire exploser à Angers mis en examen et écroué

Justice
FORCENÉ - L’homme de 45 ans qui a menacé de se faire exploser vendredi 23 novembre à Angers si Emmanuel Macron ne recevait pas les gilets jaunes à l’Elysée a été mis en examen et placé en détention. Il encourt jusqu’à sept ans de prison.

Il menaçait de se faire exploser si les gilets jaunes n’étaient pas reçus à l’Elysée : l’homme qui s’est présenté avec une charge explosive vendredi 23 novembre sur le parking du centre commercial Espace Anjou à Angers (Maine-et-Loire), a été mis en examen et placé en détention, a appris lundi 26 novembre l’AFP.


Ce forcené de 45 ans avait fini par se rendre, vers 22h30, après six heures de négociations avec les policiers et le préfet. Il s’agit d’un individu "particulièrement dangereux", a indiqué le procureur d’Angers Yves Gambert. Il avait autour du cou une charge explosive, actionnée par un dispositif de mise à feu électrique, "suffisante pour le tuer à coup sûr et peut-être pour 

provoquer la mort de personnes proches ou des blessures et mutilations importantes".

"Il réfute la volonté de blesser ou de tuer autrui. Il dit: 'j'étais parti pour me suicider pour cette cause-là'", a précisé le magistrat, qui a décrit "des moments de tension extrêmes" vendredi soir lorsque le forcené a dégoupillé son engin à plusieurs reprises durant la négociation avec les policiers.

"Démarche suicidaire"

"On a l'impression qu'il est parti de chez lui le matin avec l'intention de ne pas rentrer chez lui le soir", a expliqué M. Gambert, évoquant une "démarche suicidaire". Le magistrat a décrit un homme "très isolé", "proche de la marginalité", "qui ne travaille plus depuis 2015" et a perdu ses deux parents récemment.


Se disant à la fois "sympathisant zadiste" et admirateur de la chose militaire, le quadragénaire ne présente pas de pathologie psychiatrique mais "paraît dépressif", selon M. Gambert. Pendant les négociations, il avait à plusieurs reprises exhibé un drapeau tricolore et un béret rouge de parachutiste, souvenir de son service militaire.


Lors de la perquisition de son appartement de Rablay-sur-Layon, à 25 km au sud d'Angers, les policiers ont retrouvé des dizaines de grenades lacrymogènes, la plupart usagées. "Il les a trouvées à Notre-Dame-des-Landes, où il était allé rejoindre les zadistes en avril-mai"  lors des évacuations de la ZAD, a raconté le procureur.  

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Le forcené n'était pas répertorié par les services de renseignement comme appartenant à un mouvement subversif violent. Consommateur de cannabis, il avait un antécédent en lien avec les stupéfiants, non inscrit à son casier judiciaire.


Mis en examen pour port et détention de produits ou engins explosifs et menace de crime contre les personnes avec ordre de remplir une condition, il encourt sept ans de prison.

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